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Le groupe 5+1 a fait des propositions "intéressantes" à l'Iran (UE)

23/05/2012 06:50 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Le groupe 5+1 a fait des propositions "intéressantes" à Téhéran lors des négociations de Bagdad, mercredi, pour trouver un accord sur le programme nucléaire iranien, a déclaré le porte-parole de Catherine Ashton à la presse.

"Je ne vais pas révéler les détails de ces propositions, mais ce que nous avons mis sur la table est intéressant pour l'Iran", a déclaré Michael Mann, le porte-parole du chef de la diplomatie de l'Union européenne.

"Nous espérons qu'il y aura une réaction positive de l'Iran à nos propositions", a-t-il poursuivi.

M. Mann a exclu qu'un accord final soit obtenu mercredi à propos du dossier nucléaire iranien, évoquant un processus de négociations.

"Nous pouvons faire des progrès aujourd'hui (...) C'est la seconde étape d'une série de négociations. Nous espérions aller de l'avant, mais ces choses ne peuvent être résolues en une nuit", a-t-il ajouté.

"Nous pourrons peut-être décider de la date pour la prochaine étape des discussions", a-t-il poursuivi.

Un membre de la délégation iranienne a refusé de réagir à la nouvelle proposition du groupe 5+1.

"S'ils ont fait une nouvelle proposition, cela veut dire que les précédentes n'étaient pas suffisantes", a-t-il déclaré.

Il a également affirmé que la partie iranienne insistait sur l'accord réalisé à Istanbul en avril dernier qui soulignait le fait que "le Traité de non prolifération était la base des négociations et que le processus de discussions était fondé sur un principe de pas à pas et de réciprocité".

"Il faut demander à l'autre partie ce qu'elle offre", a-t-il ajouté, renvoyant la balle dans le camp du groupe 5+1.

Un peu plus tôt, M. Mann avait affirmé que "la balle était dans le camp" de l'Iran.

"La balle est dans leur camp. Nous avons un certain nombre de choses que nous voulons qu'ils réalisent. L'enrichissement d'uranium à 20% est manifestement une source d'inquiétude importante de la communauté internationale", a déclaré M. Mann.

La question de l'enrichissement à 20% est désormais centrale.

A en croire le quotidien Le Monde, les Six devaient mettre sur la table un paquet de "mesures pour établir la confiance".

Dans ce cadre, l'Iran arrêterait d'enrichir de l'uranium à 20%, transférerait à l'étranger son stock de 140 kg d'uranium enrichi à ce pourcentage, et donnerait des gages de coopération à l'AIEA.

De leur côté, les grandes puissances fourniraient une assistance pour la centrale iranienne de Bouchehr et pourraient surseoir à l'entrée en vigueur en juillet de sanctions liées à l'embargo pétrolier, toujours selon le journal.

Si ce scénario se confirmait, les 5+1 mettraient de facto de côté leur exigence préalable à toute négociation d'un arrêt par Téhéran de l'enrichissement d'uranium à 3,5%, toujours officiellement réclamé par l'ONU. Il y a quelques mois, un haut responsable diplomatique européen indiquait à l'AFP que cette exigence "était abandonnée depuis longtemps".

Or, l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) a affirmé mardi dans un communiqué qu'elle avait livré deux "plaques de combustible" pour le réacteur de Téhéran.

Surtout, elle ajoutait que "ce processus va continuer pour assurer la fabrication de la totalité du combustible dont le réacteur de Téhéran a besoin (...) en livrant par mois deux plaques de combustible".

Ce qui signifie en principe que l'Iran veut utiliser son stock d'uraniuum enrichi à 20% (environ 140 kg) pour fabriquer le combustible nécessaire pour le réacteur de Téhéran.

bur-sgh/sw

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