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La débâcle de l'entrée en Bourse de Facebook prend un tournant judiciaire

23/05/2012 01:15 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Les plaintes en nom collectif d'actionnaires mécontents se multipliaient cinq jours après l'entrée en Bourse ratée de Facebook, visant à la fois le réseau social, ses banques et la plateforme boursière Nasdaq, même si l'action, elle, rebondissait enfin.

Mardi, des informations de presse affirmaient que les trois principales banques ayant piloté l'opération avaient abaissé leurs prévisions de résultats pour Facebook quelques jours avant l'entrée en Bourse en ne prévenant que certains gros actionnaires.

"Si c'est vrai, c'est un véritable scandale", s'indignait sur Twitter Sallie Krawcheck, ex-dirigeante de la gestion de fortune de Bank of America et star de Wall Street.

"La débâcle de Facebook est une véritable insulte à l'encontre des investisseurs indépendants", renchérit Dick Green sur le site Briefing.com.

Lancé en Bourse vendredi à 38,00 dollars, le titre a perdu près de 20% sur les trois premières séances de cotation. L'action regagnait quelque 2,6% à 31,80 dollars à la mi-séance.

Mercredi, les plaintes en nom collectif d'actionnaires s'estimant lésés se multipliaient à l'encontre de Facebook et ses principaux banquiers conseils, Morgan Stanley, Goldman Sachs et JPMorgan Chase.

L'un d'entre elles, enregistrée auprès d'un tribunal de Manhattan, vise personnellement le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, silencieux depuis vendredi malgré le tumulte au centre duquel se trouve son entreprise.

D'autres dirigeants du réseau aux 900 millions de membres, ou des administrateurs comme Peter Thiel, Reed Hastings ou Marc Andreessen, étaient également visés par plusieurs plaintes.

L'une, déposée par le cabinet Lieff Cabraser Heimann & Bernstein, accuse le prospectus boursier présentant l'opération aux investisseurs d'avoir été "préparé avec négligence" et de ne pas avoir "révélé des données clé sur les activités de Facebook et ses perspectives".

Une autre, intitulée "Lazar v. Facebook, Inc., et al." et déposée en Californie, accuse les banques responsables de l'opération ainsi que Facebook de n'avoir révélé "qu'à une poignée de gros investisseurs, pas au grand public" l'abaissement des perspectives de revenus du site internet juste avant son entrée en Bourse.

Au point que le Congrès américain en est venu à s'intéresser à la question. La commission bancaire du Sénat a ainsi annoncé qu'elle allait ouvrir une enquête informelle sur l'affaire.

Morgan Stanley, en tête des banques organisatrices, s'est défendu mardi, affirmant avoir respecté toutes les procédures habituelles et légales.

Elle avait souligné que les analystes des banques organisatrices avaient abaissé leurs perspectives à la suite d'informations publiées par Facebook lui-même, et avoir prévenu tous les investisseurs.

Pour tenter de couper l'herbe sous le pied aux critiques et poursuites, Morgan Stanley a dit à ses clients qu'elle étudiait un par un les ordres d'achat et vente reçus et qu'elle tenterait "d'ajuster" les échanges au prix qui avait été demandé par ces clients, a indiqué à l'AFP mercredi une source proche du dossier.

La plateforme boursière Nasdaq était également visée par des plaintes en nom collectif comme celle de Phillips Goldberg, un investisseur du Maryland (est), pour ne pas avoir été en mesure de traiter en temps et en heure les ordres boursiers massifs pendant la première journée de cotation de Facebook.

"Nasdaq n'a pas réussi à réaliser les ordres (d'achat ou vente) pendant des heures et n'a pas annulé les ordres d'autres investisseurs malgré leurs demandes", ce qui a entraîné des pertes pour les investisseurs, explique la plainte.

Dans un mémo aux courtiers, le Nasdaq explique que l'entrée perturbée de l'action "FB" sur le marché a été due à une multitude d'ordres d'achats et d'annulations de ces achats reçus pour le prix d'introduction après le début de la cotation.

A l'avenir, le Nasdaq "n'acceptera plus d'ordres contradictoires après que le prix final de lancement aura été fixé", conclut-il.

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