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Israël: Barak appelle à ne pas "céder au dernier moment" face à l'Iran

23/05/2012 11:04 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a invité mercredi les puissances mondiales à faire preuve de fermeté à l'égard de Téhéran, alors que se tient à Bagdad une importante réunion sur le programme nucléaire controversé de l'Iran.

"A Bagdad, il faut se méfier que grâce à des concessions partielles, l'Iran ne parvienne à éviter un renforcement des sanctions", a mis en garde M. Barak, estimant dans une interview à la radio publique que "sans un renforcement des sanctions actuelles, l'Iran continuera son programme" nucléaire.

"Il ne faut pas céder au dernier moment, baisser les bras ou capituler", a-t-il ajouté, avant le début de la réunion.

Israël a accueilli avec beaucoup de scepticisme l'annonce mardi par le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano qu'un accord visant à lever les incertitudes sur la nature du programme nucléaire iranien serait signé prochainement entre l'agence et l'Iran.

M. Barak a réitéré que les exigences de la communauté internationale à l'égard de l'Iran étaient "trop faibles".

"Tout ce qui est inférieur à une demande d'arrêter l'enrichissement de l'uranium à 20% et 3,5%, de transférer hors d'Iran tout l'uranium enrichi et de fermer le site de Qom est insuffisant", a-t-il dit.

Les discussions de Bagdad réunissent l'Iran et le groupe "5+1" (les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: Etats-Unis, Russie, Chine, France, et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne).

Les deux parties doivent discuter du programme nucléaire iranien, dont Téhéran affirme qu'il est purement pacifique, mais qu'une bonne partie de la communauté internationale considère comme une tentative dissimulée de rejoindre le club fermé des puissances nucléaires.

Le ministre de la Défense israélien a affirmé que la position israélienne était "inchangée" après l'annonce de l'accord entre l'Iran et l'AIEA.

"Nous n'avons pas changé d'avis, le monde doit empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique et toutes les options sont sur la table", a-t-il dit, faisant allusion à la possibilité d'une frappe militaire israélienne contre les installations nucléaires iraniennes.

"Il est clair, pour les dirigeants du monde entier, qu'au bout du compte dans les domaines cruciaux pour sa sécurité ou son avenir, le gouvernement israélien est le seul à prendre ses décisions", a-t-il ajouté.

Les principaux responsables israéliens, le Premier ministre Benjamin Netanyahu en tête, agitent la menace d'une opération militaire, exprimant leurs doutes sur l'efficacité des sanctions contre Téhéran.

Le ministre israélien des Affaires stratégiques, Moshé Yaalon, un faucon, a plaidé en faveur "de sanctions renforcées, d'un isolement international de Téhéran, d'un soutien à l'opposition iranienne et d'une option militaire crédible".

"Mais si tout cela ne suffit pas, il se pourrait que quelqu'un doive entreprendre une action militaire contre l'Iran", a averti M. Yaalon sans dire qui ni comment.

M. Yaalon, un ancien chef de l'armée israélienne, avait argué il y a quelques semaines que les installations nucléaires iraniennes, même souterraines, étaient vulnérables à des attaques.

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