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Iran: mandat de fermeté pour le représentant français à Bagdad, selon Paris

23/05/2012 07:44 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Le représentant français aux négociations multilatérales avec l'Iran, Jacques Audibert, participe ce mercredi à la rencontre des 5+1 à Bagdad avec un mandat de fermeté, a indiqué lors d'un point-presse à Paris le ministère français des Affaires étrangères.

"Le directeur général pour les Affaires politiques et de sécurité se trouve aujourd'hui à pied d'oeuvre à Bagdad et participe activement avec ses homologues du groupe des E3+3 (ou 5+1) aux discussions avec les Iraniens", a dit le porte-parole du ministère, Bernard Valero, interrogé sur les affirmations de certains médias iraniens disant qu'il ne représentait plus la France.

Le porte-parole a ensuite cité des propos tenus mardi aux Etats-Unis par le président français, François Hollande, qualifiant ces allégations iraniennes de "manoeuvre" et de "manipulation". Jacques Audibert "est notre négociateur" et "je lui fais toute confiance pour avoir la fermeté indispensable dans cette négociation" de Bagdad, avait ajouté le président français.

Selon Michael Mann, porte-parole du chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, le groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) a fait à Bagdad des propositions "intéressantes" à l'Iran pour trouver un accord sur son programme nucléaire controversé.

A en croire le quotidien Le Monde, les Six devaient mettre sur la table un paquet de "mesures pour établir la confiance".

Dans ce cadre, l'Iran arrêterait d'enrichir de l'uranium à 20%, transférerait à l'étranger son stock de 140 kg d'uranium enrichi à ce pourcentage, et donnerait des gages de coopération à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

De leur côté, les grandes puissances fourniraient une assistance pour la centrale iranienne de Bouchehr et pourraient surseoir à l'entrée en vigueur en juillet de sanctions liées à l'embargo pétrolier, toujours selon le journal.

Si ce scénario se confirmait, les 5+1 mettraient de facto de côté leur exigence préalable à toute négociation d'un arrêt par Téhéran de l'enrichissement d'uranium à 3,5%, toujours officiellement réclamé par l'ONU. Il y a quelques mois, un haut responsable diplomatique européen indiquait à l'AFP que cette exigence "était abandonnée depuis longtemps".

Les 5+1 soupçonnent l'Iran, qui dément, de vouloir développer une arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil. Poussé à 90%, l'enrichissement d'uranium peut conduire à la fabrication d'une telle arme.

prh/hr/aub

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