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Euro-2012 - Allemagne: opération rédemption pour Schweinsteiger

23/05/2012 07:40 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Longtemps blessé cette saison et affecté par son tir au but raté lors de la finale perdue en Ligue des champions face à Chelsea, Bastian Schweinsteiger mise tout sur l'Euro-2012 pour sauver une année placée jusqu'ici sous le signe de la frustration.

Samedi soir, image rare, Bastian Schweinsteiger était prostré, en larmes. Quelques minutes plus tôt, il avait vu sa frappe repoussée par le poteau du gardien de Chelsea, Petr Cech, laissant Didier Drogba offrir à Chelsea un victoire inespérée en Ligue des champions.

Héros de la demi-finale contre le Real Madrid - il avait alors transformé le tir au but décisif à Bernabeu - ce Bavarois pure souche voyait s'écrouler le rêve munichois d'une consécration sur ses terres.

"Schweinsteiger va-t-il s'effondrer à cause de ce tir ?", s'interrogeait Bild le lundi suivant, traduisant bien la crainte de certains observateurs sur les répercussions mentales possibles d'une telle déconvenue.

"Ce n'est pas le genre de défaite dont on se remet du jour au lendemain", reconnaissait aussi le directeur sportif du Bayern, Christian Nerlinger, toujours dans le journal le plus lu d'Allemagne.

Le Berliner Zeitung parlait, lui, d'une "saison des fêlures" pour +Schweini+, l'épilogue dramatique de la Ligue des champions intervenant après une saison en pointillée, rythmée par les blessures.

Le milieu de terrain a ainsi manqué deux mois après une fracture de la clavicule droite début novembre et plusieurs semaines après une déchirure aux ligaments de la cheville droite début février.

Le 10 mai, il estimait encore ne pas être "à 100%" de ses capacités, même s'il comptait bien l'être le 9 juin, contre le Portugal pour l'entrée de l'Allemagne dans l'Euro-2012.

Le camp d'entraînement de la Mannschaft dans le sud de la France devra donc soigner les âmes autant que les corps.

Car dans l'inconscient de Schweinsteiger, et de ses 7 coéquipiers du Bayern présents au sein de la sélection allemande pour l'Euro, traîne le spectre du "syndrome Leverkusen".

En 2002, le club de la Ruhr, emmené à l'époque par Michael Ballack avait fini 2e de la Bundesliga, perdu la finale de la coupe d'Allemagne, celle de la Ligue des champion. Ce même été, la sélection nationale avait échoué en finale de la Coupe du monde face au Brésil.

Schweinsteiger, qui est devenu le leader moral de la Mannschaft en lieu et place de Ballack, remplit déjà trois de ces quatre critères. Une place en finale ferait rêver n'importe quelle équipe en lice, mais pas la Mannschaft, qui s'est clairement fixée la victoire comme objectif.

"Nous n'avons pas de potion magique pour tout résoudre d'un coup", a reconnu Oliver Bierhoff, manageur de l'équipe nationale, mais il ne doute pas une seconde de retrouver son "Schweini": "ce n'est pas un drame pour Bastian. Cela ne modifie en rien son rôle (dans l'équipe)".

De même, l'entraîneur du Bayern, Jupp Heynckes a rassuré: "cela lui prendra quelques jours, mais il finira par digérer".

"Les grandes déceptions appartiennent à la vie du footballeur au même titre que les victoires et les titres majeurs", a-t-il glissé en signe d'encouragement.

hap/pgr/jfm

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