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Euro-2012 - Allemagne - Löw: maître tacticien et touche glamour

23/05/2012 07:36 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Joachim Löw a remis l'Allemagne tout en haut de la hiérarchie mondiale du football, devenant une personnalité dont l'aura déborde largement le cadre du terrain.

Par touches successives, il a complètement transformé le jeu de la Mannschaft, et sa réussite est à la mesure du scepticisme qui avait accueilli sa nomination à la tête de la Mannschaft en 2006, après 2 ans dans l'ombre de Jürgen Klinsmann.

Ancien attaquant de club quelconque, Löw, 52 ans, n'avait alors qu'une expérience somme toute honorable, mais encore limitée comme entraîneur.

Parmi ses faits d'arme, une coupe d'Allemagne remportée avec Stuttgart en 1997 et une finale de la défunte Coupe des coupes perdue en 1998, avant d'officier en Turquie (vice-champion 1999 avec Fenerbahçe) et en Autriche (champion d'Autriche 2002 avec le FC Tirol-Innsbrück).

C'est alors que Klinsmann, rencontré lors d'un stage de formation, et qui a été chargé de reprendre en main une Allemagne au plus mal, après une élimination au premier tour de l'Euro-2004, l'appelle à ses côtés.

Les deux hommes ont la même philosophie, la même ambition: faire de l'Allemagne rouleau-compresseur une équipe qui "joue". Les résultats suivent immédiatement: l'Allemagne finit troisième de sa Coupe du monde en 2006.

Klinsmann s'en va, et la fédération intronise Löw, un choix qui semble frileux, mais qui révèle que le véritable cerveau du redressement était "Jogi", pas "Klinsi".

Dès 2004, Löw avait imprimé sa marque à l'équipe, notamment en faisant confiance aux jeunes, chose rare en Allemagne.

Il avait aussi la chance de disposer de la génération biberon devenue génération dorée qui compose l'ossature de l'équipe actuelle. Mertesacker, Lahm, Schweinsteiger et Podolski font alors leurs premiers pas internationaux grâce à lui.

Sous ses ordres l'Allemagne atteint la finale de l'Euro-2008, puis le demi-finale du Mondial-2010.

Le groupe dont il dispose aujourd'hui est "son" groupe. Une cinquantaine de joueurs lui doivent leur première sélection en A, dont Özil, Müller, Neuer ou encore Götze et Reus plus récemment.

Capable de fidélité - envers Podolski ou Klose, par exemple, toujours performants en équipe nationale, même quand ils étaient en difficulté en club - il sait aussi laisser les sentiments de côté.

Michael Ballack, définitivement écarté après une blessure, sans même une dernière convocation d'"adieu" en équipe nationale, peut en témoigner.

Löw est à ce point incontestable, que la fédération allemande (DFB) a d'ores et déjà fait savoir qu'un échec à l'Euro lui serait pardonné.

La DFB "est persuadée que nous tenons en Löw et Bierhoff le duo optimal. Nous sommes assez forts pour faire face à une déception, s'il s'en produit une", a récemment déclaré le président Wolfgang Niersbach.

Et l'aura de Joachim Löw a depuis longtemps débordé hors des stades. Ses tenues vestimentaires soignées - chemises blanches cintrées de l'Euro-2008 ou pulls à col en V bleu du Mondial sud-africain - génèrent de véritables modes vestimentaires.

Ses publicités pour une crème cosmétique allemande ajoutent une touche "glamour" à la Mannschaft et en font une sorte de pendant allemand à José Mourinho, l'entraîneur du Real Madrid - un club qui aurait fait de lui sa priorité au cas où le technicien portugais, qui vient d'y prolonger jusqu'en 2016, venait à partir.

Löw, s'il s'imagine quitter un jour l'Allemagne, promet d'être fidèle jusqu'à la Coupe du monde 2014 au Brésil. "Je ne suis pas au bout du chemin" avec cette équipe, a-t-il récemment confié dans la presse.

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