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23/05/2012 07:39 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Enthousiastes ou anxieux, les Egyptiens votent pour leur prochain président

Enthousiastes, anxieux et parfois un peu perdus, les Egyptiens se sont rendus nombreux dans les bureaux de vote du Caire pour la première élection présidentielle à l'issue non connue d'avance, après avoir renversé Hosni Moubarak en février 2011.

A l'école Gamal Abdel Nasser, dans le quartier de Dokki, certains sont arrivés une heure avant l'ouverture du scrutin, hommes et femmes prenant place dans deux files différentes, sous l'oeil de militaires armés.

Deuxième dans la queue, Rania Mohammed hésite encore entre deux candidats. "Je déciderai dans l'isoloir. Vous pouvez dire que le stylo décidera!", confie en riant cette femme de 37 ans, qui arbore un tailleur gris et un léger foulard sur la tête, laissant apparaître des boucles d'oreille en perle.

"Je suis très heureuse que nous choisissions enfin notre président", ajoute-t-elle.

Dans la file des hommes, Nabil Girgis, un chrétien copte de 62 ans, explique avoir réfléchi longuement au candidat à qui donner son vote. "J'ai prié ce matin et demandé à Jésus de me guider vers le bon choix", souligne-t-il, en refusant de dire devant les autres électeurs pour qui il a finalement opté.

"Jusqu'ici, je n'avais jamais pensé à voter parce que je n'avais pas confiance dans le processus". Là, "c'est une nouvelle ère", ajoute-t-il.

"Je croise les doigts, espérant le meilleur, mais je suis inquiet des islamistes" qui ont pris le contrôle du Parlement à la faveur des législatives de cet hiver, reconnaît Nabil Girgis.

A l'intérieur de l'école, où les murs défraîchis sont recouverts de posters éducatifs, un juge surveille le déroulement des opérations, tendant les bulletins de vote aux électeurs en échange de leur carte d'identité. Chacun fait son choix derrière un isoloir, puis glisse son bulletin plié dans l'urne.

Une femme, la chevelure couverte d'un foulard vert, semble marquer une pause alors qu'elle place son bulletin dans l'urne, comme si elle savourait ce moment.

"Au revoir", dit-elle en lâchant son bulletin, avant de plonger son doigt dans de l'encre indélébile, preuve de la participation à l'élection, et de récupérer sa carte d'identité.

Parmi les observateurs qui surveillent le processus pour le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi, Amena Ibrahim, 24 ans, tient le compte des électeurs venus voter dans ce bureau, où plus de 4.000 Cairotes sont inscrits.

Ses yeux, surlignés d'eyeliner turquoise, pétillent lorsqu'elle évoque son premier vote lors d'une présidentielle: "Je ne peux pas imaginer qu'ils sont en train de voter pour notre président. Je ne sais pas ce que je peux dire, je suis juste vraiment heureuse".

Dans l'école proche de Chayma, les files d'attentes sont plus longues et les électeurs s'impatientent au fur et à mesure que la température augmente.

Ahmed Gamal, architecte, sourit en sortant du bureau, son doigt marqué à l'encre bleue: "C'était parfait, c'est tellement agréable de sentir que vous pouvez décider de quelque chose".

Une juge veille avec attention sur le processus et presse les observateurs de ne pas parler aux électeurs. Certains semblent un peu perdus. "Puis-je choisir plus d'un nom?" interroge un vieil homme depuis l'isoloir. "Non, non! Quoi? Voulez-vous un président ou deux?", réplique la juge.

Après une accalmie dans la journée, en raison notamment de la chaleur, le flux des électeurs se densifie après le coucher du soleil et de longues queues se forment sur les trottoirs. Dans le quartier populaire de Sayyeda Zeinab, des policiers conseillent alors aux électeurs de revenir mardi, au deuxième jour de vote.

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