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Des millions d'Égyptiens conviés aux urnes pour choisir librement leur président

23/05/2012 04:14 EDT | Actualisé 22/07/2012 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Près d'un an et demi après la chute d'Hosni Moubarak, des millions d'Égyptiens déterminés à mettre un terme à des années de régime autoritaire ont patienté devant les bureaux de vote mercredi, parfois pendant des heures, pour choisir librement leur président pour la première fois de l'histoire de leur pays.

Treize candidats se présentent au premier tour de la présidentielle, qui a débuté mercredi à 8 h et qui doit durer deux jours. Parmi les candidats figurent des personnalités du régime Moubarak qui promettent la stabilité, des islamistes qui cherchent à consolider leur pouvoir politique et des progressistes. Cinquante millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour les départager. Les résultats officiels sont attendus le 29 mai.

Aucun candidat ne semble en mesure d'obtenir plus de 50 pour cent des voix et un deuxième tour devrait avoir lieu les 16 et 17 juin entre les deux candidats arrivés en tête. Le vainqueur serait alors proclamé le 21 juin.

Le Conseil suprême des forces armées, qui gouverne l'Égypte depuis la démission du président Hosni Moubarak le 11 février 2011, a promis de céder le pouvoir à un gouvernement civil d'ici le 1er juillet, mais des doutes subsistent sur l'influence qu'ils conserveront après l'élection d'un président.

La période de transition a été marquée par l'usage meurtrier de la force par l'armée et la police contre des manifestants pro-démocratie, une forte hausse des crimes violents et une aggravation de la crise économique.

Pendant près de 29 ans, Hosni Moubarak a été réélu par référendum, alors que la fraude assurait la victoire du parti au pouvoir aux législatives. Le prochain président égyptien sera le cinquième depuis la chute de la monarchie, en 1952.

«C'est un miracle», a commenté Selwa Abdel-Malik, une chrétienne âgée de 60 ans qui votait à Alexandrie. «Et c'est une sensation magnifique.»

«Il est possible que je meure dans les mois qui viennent, alors je suis venu pour mes enfants, pour qu'ils puissent vivre», a confié Medhat Ibrahim, 58 ans, qui souffre d'un cancer, en attendant de voter dans un quartier pauvre du sud de la capitale. «Nous voulons vivre mieux, comme des êtres humains.»

Parmi les 13 prétendants autorisés à briguer la présidence figurent Ahmed Shafiq, le dernier premier ministre de l'ère Moubarak, et l'ancien secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, qui a longtemps été le chef de la diplomatie de l'ex-président égyptien. Leurs opposants craignent que si l'un d'eux est élu à la présidence, il ne fasse pas grand-chose pour changer le système en place. Si les généraux au pouvoir affirment en public qu'ils n'ont pas de candidat préféré, ils semblent être favorables à Ahmed Shafiq, qui a été commandant dans l'armée de l'air.

Les Frères musulmans, la première force politique du pays, ont quant à eux présenté Mohammed Morsi comme candidat.

Amr Moussa et Mohammed Morsi font partie des favoris du scrutin, avec l'islamiste modéré Abdel-Moneim Abolfotoh, qui bénéficie du soutien de certains progressistes, des sympathisants de gauche et des chrétiens.

«Nous aurons un président élu, mais les militaires sont toujours ici, et l'ancien régime n'est pas démantelé», a souligné Ahmed Maher, un militant du Mouvement du 6 avril, qui a joué un rôle de premier plan pendant les 18 jours de soulèvement qui ont abouti au départ de Moubarak. «Mais la pression va continuer. Nous ne nous endormirons pas. Les gens se sont finalement réveillés. Quel que soit le prochain président, nous ne le laisserons pas seul», a-t-il ajouté.

Quelques cas d'irrégularités dans le déroulement du scrutin ont été signalés mercredi et concernent essentiellement les partisans de candidats qui faisaient encore campagne près de bureaux de vote. Des observateurs ont toutefois souligné que ces irrégularités étaient moins importantes que lors des élections législatives. Dans certains villages autour du Caire, des partisans des Frères musulmans ont été vus en train de chuchoter le nom de Mohammed Morsi à des électeurs dans les files d'attente.

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