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Damas blâme les sanctions pour les pénuries qui touchent les Syriens

23/05/2012 09:50 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

DAMAS, Syrie - Le ministre syrien du Pétrole a blâmé les sanctions internationales, mercredi, pour les pénuries de gaz et d'autres produits de base qui affectent les Syriens, affirmant que les sanctions avaient coûté 4 milliards $ US à l'économie du pays.

Le régime du président Bachar el-Assad doit maintenir un équilibre délicat face aux sanctions imposées par les États-Unis et l'Union européenne alors qu'il fait face à un soulèvement populaire depuis 15 mois, en admettant le coût élevé des sanctions tout en niant qu'elles aient un effet sur l'emprise du régime sur le pouvoir.

Le ministre Sufian Allaw a affirmé devant les journalistes à Damas que les sanctions étaient responsables des pénuries qui obligent les Syriens à faire la file pour obtenir du gaz à cuisson, de l'essence, du sucre et d'autres produits de base.

L'ambassadeur des États-Unis à Damas a nié que les sanctions soient responsables des pénuries qui touchent les Syriens.

«Nos sanctions sont spécifiquement conçues pour ne pas toucher les importations d'essence et de diesel, parce que nous savons que les Syriens en ont besoin dans leur vie quotidienne», a écrit l'ambassadeur Robert Ford sur la page Facebook de l'ambassade.

«Si le régime de Bachar el-Assad décidait de couper ses dépenses militaires, plus de diesel et d'essence seraient disponibles pour que les Syriens puissent s'en servir», a ajouté l'ambassadeur.

Avant le début du soulèvement, en mars 2011, le secteur pétrolier syrien était un pilier de l'économie du pays. Les exportations de pétrole, principalement à destination de l'Europe, rapportaient alors de 7 à 8 millions $ US par jour à la Syrie. Ce revenu était essentiel pour maintenir les réserves de devises étrangères de 17 milliards $ US dont le gouvernement disposait avant le début du soulèvement.

Devant les journalistes, M. Allaw a affirmé que les sanctions avaient coûté 4 milliards $ US au secteur pétrolier syrien jusqu'à maintenant.

Le prix d'une bonbonne de gaz à cuisson a atteint les 25 $ US dans le pays, alors que les pénuries se généralisent. Selon M. Allaw, la production gazière syrienne ne couvre que la moitié des besoins nationaux.

Les autorités syriennes tentent d'importer du gaz et du carburant des pays qui ne participent pas aux sanctions. Un pétrolier vénézuélien transportant 35 000 tonnes de carburant est arrivé en Syrie mardi, a indiqué M. Allaw. Un autre pétrolier doit suivre.

Le gouvernement syrien tente aussi d'organiser des importations de gaz en provenance d'Algérie et d'Iran, a ajouté le ministre.

Sur le terrain, une bombe cachée sous un autobus militaire a explosé mercredi près de l'aéroport de Damas, tuant un soldat et en blessant 23 autres, a déclaré un responsable militaire sous le couvert de l'anonymat.

Des militants opposés au régime ont par ailleurs rapporté des attaques à la roquette des forces gouvernementales dans certaines parties de Homs, une ville du centre du pays. Ils ont aussi signalé des affrontements entre les rebelles et les troupes du régime à Rastan, en banlieue de Damas et ailleurs dans le pays.

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