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CPI : Katanga et Ngudjolo Chui clament leur innocence, les juges en délibéré

23/05/2012 09:32 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Les anciens chefs de milice congolais Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui, accusés par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité et crimes de guerre, ont clamé une dernière fois mercredi leur innocence avant que les juges entament leur délibéré.

"Je n'étais pas à Bogoro et je n'ai pas planifié cette attaque", a déclaré Germain Katanga, s'adressant aux juges durant une trentaine de minutes pour clôturer les plaidoiries de la défense.

Germain Katanga, 34 ans, et Mathieu Ngudjolo Chui, 41 ans, sont accusés d'avoir ordonné, planifié et exécuté l'attaque du village de Bogoro en Ituri (nord-est de la RDC) le 24 février 2003 au cours de laquelle plus de 200 civils avaient été tués en quelques heures, selon l'accusation.

Les deux hommes, accusés notamment de meurtres, de viols, de pillages et d'enrôlement d'enfants soldats, plaident non coupables. Leur procès a commencé le 24 novembre 2009.

"J'aimerais avoir une pensée pour toutes les victimes du conflit en Ituri en général et à Bogoro en particulier", a ajouté M. Katanga. "Pour tous ceux qui ont perdu les leurs, leurs biens ou leurs richesses, qu'ils trouvent ici l'expression de ma plus profonde compassion", a-t-il assuré.

M. Katanga a appelé les juges à ne pas faire de lui une "victime sacrificielle" mais à "faire éclater la vérité".

Mathieu Ngudjolo Chui a quant à lui affirmé avoir appris l'attaque de Bogoro le 6 mars 2003 à Bunia "lors d'une rencontre avec des généraux". "Mon métier était de nature humanitaire, je n'étais pas un combattant, j'étais infirmier", a-t-il ajouté, assurant ne jamais avoir été membre d'une milice.

Le 15 mai, lors de son réquisitoire, le procureur-adjoint Fatou Bensouda avait affirmé que les deux accusés étaient "coupables au-delà de tout doute raisonnable des crimes qui leur sont imputés", ajoutant que ces crimes avaient nécessité la "contribution essentielle des accusés".

Les juges ont entamé leur délibéré et prononceront leur décision "dans un délai raisonnable", selon un communiqué de la CPI.

Depuis novembre 2009, la chambre a tenu 239 audiences, l'accusation a cité 24 témoins et les deux équipes de défenses 28. Les représentants légaux des 366 victimes autorisées à participer à la procédure ont quant à eux cité deux témoins, selon la même source.

La CPI avait rendu son premier jugement le 14 mars en reconnaissant coupable de crimes de guerre Thomas Lubanga, 51 ans, fondateur de l'Union des patriotes congolais (UPC) et ex-commandant des FPLC, la branche militaire de l'UPC.

Les juges doivent prononcer une peine contre M. Lubanga à une date qui n'a pas encore été déterminée.

Selon l'accusation, l'attaque de Bogoro menée par MM. Katanga et Ngudjolo Chui visait à "effacer" le village, où se trouvait un camp militaire de l'UPC, ainsi que sa population civile.

Les affrontements interethniques entre milices qui se disputaient les terres de l'Ituri et ses ressources naturelles avaient débuté en 1999 et ont, selon l'accusation, "dévasté" la région. Selon les ONG, ils ont fait plus de 60.000 morts.

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