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Treize chiites libanais enlevés en Syrie (agence officielle)

22/05/2012 12:40 EDT | Actualisé 22/07/2012 05:12 EDT

Treize Libanais de confession chiite ont été enlevés par des rebelles mardi dans la province d'Alep, dans le nord de la Syrie, alors qu'ils revenaient dans leur pays après un pèlerinage en Iran, a rapporté l'agence officielle libanaise ANI.

L'annonce de l'enlèvement a poussé les familles des personnes kidnappées à se rassembler dans la banlieue sud, à majorité chiite, de Beyrouth pour demander leur libération.

Les manifestants ont bloqué plusieurs routes, notamment celle menant à l'ancien aéroport, avec des pneus en feu et des ordures.

La chaîne de télévision du mouvement chiite libanais Hezbollah a indiqué que le chef du mouvement, Hassan Nasrallah, s'exprimerait sur ce sujet dans une allocution télévisée à 19H30 (16H30 GMT).

Le Hezbollah, qui domine le gouvernement, est un fidèle allié de Damas.

"Mes deux beaux-frères figurent parmi 12 personnes kidnappées par l'Armée syrienne libre (ASL) à Alep alors qu'ils rentraient à Beyrouth à bord d'un bus après avoir visité des lieux saints en Iran", avait indiqué un homme qui manifestait.

"Les femmes qui se trouvaient avec eux ont été autorisées à partir", a-t-il ajouté.

Le frère d'Abbas Shaayb, organisateur du pèlerinage, a indiqué que les femmes étaient demeurées dans un hôtel d'Alep.

"Voyons ce que les amis de l'Armée syrienne libre au Liban vont faire maintenant", a-t-il dit, en référence à l'opposition sunnite libanaise qui soutient la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad.

L'ASL, composée en majorité de déserteurs de l'armée, combat les forces du régime Assad.

Fin 2011, elle avait annoncé avoir enlevé à Homs (centre) cinq membres des Gardiens de la Révolution, l'unité d'élite de l'armée iranienne. L'Iran, à majorité chiite, est également un allié de poids de Damas.

Le Premier ministre Najib Mikati a indiqué qu'il prenait les contacts nécessaires afin d'assurer leur libération.

M. Mikati "a exhorté les familles des personnes kidnappées à rester calmes et les a assurées qu'il suivait l'affaire de près pour assurer leur libération", a indiqué son bureau dans un communqié.

Des experts estiment que le Liban est devenu l'otage du conflit qui a lieu chez son voisin syrien après une série d'incidents meurtriers impliquant des Libanais hostiles et favorables au régime Assad.

Le Hezbollah chiite reproche à l'opposition libanaise d'avoir transformé le nord du pays en "passage" pour les rebelles syriens.

Le 12 mai, l'arrestation d'un islamiste sympathisant de la révolte syrienne avait mis le feu aux poudres à Tripoli, la principale ville du Nord.

Des accrochages entre sunnites anti-Assad et alaouites pro-Damas avaient fait ensuite dix morts dans cette ville.

Les violences se sont étendues lundi à Beyrouth où des heurts entre pro et anti-Assad ont fait deux morts au lendemain du meurtre d'un dignitaire sunnite hostile au régime syrien.

Alep, deuxième ville de Syrie, a connu la semaine dernière ses plus grandes manifestations contre le régime depuis mars 2011.

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