NOUVELLES

Président malien agressé: enquête de la Cédéao sur "un défi à ses décisions"

22/05/2012 08:28 EDT | Actualisé 22/07/2012 05:12 EDT

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) va mener une enquête pour identifier "les auteurs et les commanditaires" de l'agression lundi à Bamako du président malien par intérim Dioncounda Traoré, "un défi à ses décisions", a annoncé un de ses responsables.

La Cédéao "condamne énergiquement cette agression qu'elle considère comme un défi à ses décisions", a affirmé Kadré Désiré Ouédraogo, président de la Commission de la Cédéao dans une déclaration reçue par l'AFP à Dakar.

"Elle mènera les investigations nécessaires en vue d'identifier les auteurs et les commanditaires de cet acte répréhensible et appliquera les sanctions qui s'imposent", a ajouté M. Ouédraogo, sans fournir de précisions.

Dioncounda Traoré, investi le 12 avril président par intérim du Mali après un coup d'Etat militaire le 22 mars, a été agressé à son bureau à Koulouba, près de Bamako, par des manifestants hostiles à son maintien au pouvoir au-delà de mardi, terme de 40 jours d'intérim prévus par la Constitution.

Il doit rester au pouvoir pour diriger à compter de mardi une transition d'un an en vertu d'un accord signé dimanche notamment entre les putschistes et la Cédéao.

Des manifestants ont réussi à pénétrer dans son bureau malgré la présence de militaires. M. Traoré a été frappé, blessé au visage au dos. Admis aux urgences, il a pu quitter l'hôpital, ses examens n'ayant montré aucune lésion grave.

"La Cédéao s'étonne qu'une foule de manifestants puisse accéder aussi facilement au président et l'agresser physiquement" en dépit de dispositifs de sécurité, a encore déclaré M. Ouédraogo.

"La fréquence de telles manifestations suite aux décisions de la Cédéao en faveur du retour à l'ordre constitutionnel confirme qu'elles sont orchestrées par des personnes décidées à entraver le déroulement normal du processus de transition", a-t-il accusé, sans citer de noms.

Mais "la Cédéao reste déterminée à poursuivre les efforts nécessaires pour la restauration de l'ordre constitutionnel et réaffirme son soutien indéfectible aux autorités de la transition" au Mali, a-t-il conclu.

Les manifestants de lundi répondaient à l'appel d'associations et organisations favorables au coup d'Etat du 22 mars, qui accusent Dioncounda Traoré d'être un produit du régime du président renversé Amadou Toumani Touré.

cs/stb/ej

PLUS:afp