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Principaux points du conflit sur le programme nucléaire iranien (ENCADRE)

22/05/2012 03:51 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

L'Iran et le Groupe "5+1" (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne, plus l'Allemagne) se rencontrent mercredi à Bagdad pour trouver une solution au long conflit sur la nature du programme nucléaire iranien, purement civil comme le soutient Téhéran ou à visée militaire comme le soupçonnent Israël et les Occidentaux.

Voici les principaux sujets au coeur du conflit:

- L'IRAN ET LA BOMBE: l'Iran affirme que son programme nucléaire est pacifique, pour produire de l'énergie et des isotopes médicaux. Le Guide suprême de la république islamique Ali Khamenei a affirmé à plusieurs reprises depuis 2005 que l'arme atomique était considérée comme "un grave péché".

La communauté internationale redoute que le programme nucléaire iranien, condamné depuis 2006 par six résolutions de l'ONU, dont quatre assorties de sanctions, ait des visées militaires.

Elle s'appuie sur les rapports de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui supervise les sites nucléaires iraniens dans la cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).

L'AIEA a présenté en novembre 2011 un catalogue d'éléments indiquant que l'Iran avait probablement travaillé à la mise au point de l'arme atomique jusqu'en 2003 et peut-être aussi ensuite.

Les inspecteurs de l'AIEA se sont vu refuser, en janvier et février 2012, l'accès au site militaire de Parchin, proche de Téhéran, où l'Iran est soupçonné par l'agence onusienne d'avoir procédé à des simulations d'explosions conventionnelles applicables au nucléaire.

- DROITS ET ENGAGEMENTS: signataire du TNP en 1968, l'Iran affirme avoir le droit à un programme nucléaire pacifique. En vertu de ce traité, la plupart de ses installations nucléaires sont soumises aux inspections de l'AIEA pour déterminer qu'aucun matériel ou site n'est utilisé à d'autres fins. L'AIEA estime que le manque de coopération de l'Iran pour répondre à un certain nombre de ses interrogations ne permet pas de garantir que c'est bien le cas.

- L'ENRICHISSEMENT DE L'URANIUM: Cette activité, condamnée par six résolutions de l'ONU dont quatre assorties de sanctions, est au coeur des inquiétudes internationales.

L'uranium faiblement enrichi (de 3,5% à 20%) sert à fabriquer du combustible pour les centrales nucléaires ou les réacteurs de recherche, mais hautement enrichi (à plus de 90%) il entre dans la fabrication d'une bombe atomique. Téhéran a commencé à enrichir de l'uranium en 2006, d'abord à 3,5% et depuis février 2010 à 20%, à Natanz et Fordo sous contrôle de l'AIEA.

L'Iran souligne que l'enrichissement est un "droit inaliénable", le TNP ne l'interdisant pas. Mais il a produit des volumes jugés très supérieurs à ses besoins par les experts occidentaux, nourrissant les doutes sur la finalité des stocks.

- ECHANGE DE COMBUSTIBLE: Les grandes puissances avaient proposé en 2009 à l'Iran de lui fournir du combustible enrichi à 20% en échange de l'essentiel de son stock d'uranium enrichi à 3,5%. Téhéran a rejeté cette proposition et affirme être désormais en mesure de produire lui même ce combustible.

- LE PROTOCOLE ADDITIONNEL: une concession que l'Iran pourrait accorder serait d'adhérer au "protocole additionnel" du TNP, qui donnerait des droits supplémentaires aux inspecteurs de l'AIEA et obligerait Téhéran à plus de transparence.

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