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Négociations entre l'Iran et le groupe des Six: Téhéran accepte les inspecteurs

22/05/2012 05:32 EDT | Actualisé 22/07/2012 05:12 EDT

BAGDAD - L'Iran a fait un premier pas pour relancer les discussions sur son programme nucléaire avec le groupe des Six, mardi, en acceptant le principe de laisser les inspecteurs de l'ONU reprendre leur travail sur un site militaire soupçonné d'être utilisé pour des tests sur des armes atomiques.

L'accord préliminaire, annoncé alors que les diplomates étaient en route vers Bagdad pour des discussions avec l'Iran, va probablement être utilisé par Téhéran pour tenter d'obtenir des concessions des pays occidentaux au sujet des sanctions. Mais les responsables américains n'ont montré aucune volonté de passer en mode négociations aussi rapidement, ouvrant la voie à des moments de discussion tendus mercredi dans la zone fortifiée de Bagdad.

Néanmoins, l'acceptation de l'accord par Téhéran accroît la pression sur les pays membres du groupe des Six (États-Unis, Royaume-Uni, France, Russie, Chine et Allemagne) afin qu'ils fassent des gestes de réciprocité pour assurer la poursuite du dialogue, et met en évidence l'apparent objectif de Téhéran de lancer une ronde de négociations élargies au sujet de ses ambitions nucléaires.

Les discussions de Bagdad ne devraient pas permettre de débloquer l'impasse immédiatement. Des responsables et des experts ont indiqué que les deux parties tenteraient surtout de faire suffisamment de progrès pour permettre aux discussions d'aller de l'avant.

Ces discussions devraient apaiser les craintes d'une éventuelle action militaire contre l'Iran, mais aussi renforcer les soupçons des dirigeants israéliens, qui pensent que l'Iran ne cherche qu'à gagner du temps pour produire du combustible nucléaire.

De leur côté, les émissaires iraniens ont présenté la réunion de Bagdad comme une occasion de mettre de côté les obstacles du passé.

«C'est la base pour débuter une nouvelle coopération», a déclaré Saeed Jalili, le plus haut négociateur nucléaire iranien, arrivé à Bagdad lundi soir. «Nous espérons que les discussions de Bagdad seront une sorte de dialogue qui donnera forme à une telle coopération.»

L'ambassadeur d'Iran en Irak, Hasan Danaeifar, pense quant à lui que les discussions pourraient être historiques.

«Si les discussions donnaient le coup d'envoi d'un règlement sérieux et constructif des différends, ce pourrait être une réunion historique pour toutes les parties», a-t-il dit, selon les propos rapportés par l'agence de presse iranienne IRNA.

Un diplomate occidental d'expérience présent à Bagdad a affirmé que les sanctions contre les exportations pétrolières iraniennes, qui doivent entrer en vigueur le 1er juillet, ont probablement poussé Téhéran à revenir à la table des négociations.

«Je ne pense pas que les Iraniens viennent à ces pourparlers parce qu'ils ont subitement changé d'avis sur quoi que ce soit. Ils viennent aux pourparlers parce que les sanctions commencent à faire mal», a dit ce diplomate sous le couvert de l'anonymat.

La stratégie de l'Iran est probablement d'offrir certaines concessions, comme autoriser plus d'inspections de l'ONU, tout en défendant son droit à enrichir de l'uranium en tant que pays signataire des traités internationaux sur le nucléaire.

Les discussions de Bagdad devraient permettre de déterminer à quel point le groupe des Six est prêt à négocier avec l'Iran. Les Six pourraient ainsi cesser d'exiger que l'Iran abandonne toutes ses activités d'enrichissement d'uranium et se concentrer plutôt sur la suspension de la production d'uranium hautement enrichi.

Les pays occidentaux s'inquiètent du fait que l'uranium enrichi à 20 pour cent puisse rapidement être enrichi à 90 pour cent pour produire des armes nucléaires.

L'Iran nie vouloir fabriquer des armes nucléaires et affirme que ses réacteurs servent uniquement à la production d'énergie et à la recherche médicale.

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