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Nasrallah appelle à la retenue après l'enlèvement de Libanais en Syrie

22/05/2012 01:28 EDT | Actualisé 22/07/2012 05:12 EDT

Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah Hassan Nasrallah a appelé mardi ses compatriotes à la retenue après l'annonce, par l'agence de presse officielle, de l'enlèvement par des rebelles en Syrie d'un groupe de pèlerins libanais chiite.

L'annonce de l'enlèvement a poussé des milliers de personnes à manifester dans la banlieue sud, à majorité chiite, de Beyrouth pour demander la libération des pèlerins, bloquant plusieurs axes, notamment l'ancienne route menant à l'aéroport, avec des pneus en feu et des ordures. Les routes ont été débloquées en fin de soirée.

"Je vous appelle tous à la retenue, personne ne doit se livrer à des actes individuels en bloquant des routes ou en commettant des violences", a dit le dirigeant du Hezbollah sur Al-Manar, la chaîne de ce parti.

"Des contacts ont été pris avec les autorités syriennes et avec d'autres pays influents dans la région pour assurer leur libération", a-t-il ajouté.

L'agence officielle libanaise ANI avait fait état plus tôt de l'enlèvement par l'Armée syrienne libre (ASL, composée en majorité de déserteurs) de 13 Libanais chiite dans la province d'Alep, dans le nord de la Syrie, alors qu'ils revenaient dans leur pays après un pèlerinage en Iran.

L'ASL n'a pas réagi dans l'immédiat à l'annonce de l'enlèvement.

"Nous travaillerons jour et nuit pour que nos bien-aimés reviennent parmi nous", a encore assuré M. Nasrallah, précisant être en contact à ce sujet avec le Premier ministre Najib Mikati.

M. Mikati avait exhorté auparavant les familles des personnes kidnappées à rester calmes et les avait assurées qu'il suivait l'affaire de près pour obtenir leur libération, selon un communiqué de son bureau.

Le frère d'une des personnes kidnappées a indiqué que l'ASL avait promis de relâcher le groupe en échange de la libération de rebelles détenus par les autorités syriennes.

Le Hezbollah, qui domine le gouvernement, est un fidèle allié de Damas, comme l'Iran. Il reproche à l'opposition libanaise d'avoir transformé le nord du pays en "passage" pour les rebelles syriens.

Le chef de l'opposition et ex-Premier ministre libanais, Saad Hariri, a condamné le rapt et appelé à une libération immédiate des Libanais.

"Nous condamnons l'enlèvement de nos frères libanais en Syrie. Indépendamment de la partie qui est derrière cet enlèvement, nous appelons à leur libération immédiate" a dit M. Hariri dans un communiqué.

Selon l'agence officielle syrienne Sana, l'enlèvement s'est produit près de Aazaz, une localité située à la frontière avec la Turquie. Les 13 Libanais font partie d'un groupe de 53 pèlerins de retour d'Iran au bord de deux bus.

Des militants d'Alep interrogés par l'AFP sur skype ont affirmé que Aazaz était mardi soir bombardé par les forces du régime.

Fin 2011, l'ASL avait annoncé avoir enlevé à Homs (centre) cinq membres des Gardiens de la Révolution, l'unité d'élite de l'armée iranienne. Un groupe d'Iraniens a été récemment libéré par l'entremise de la Turquie mais il n'est pas clair s'il s'agit des personnes en question.

Des experts estiment que le Liban est devenu l'otage du conflit qui a lieu chez son voisin syrien après une série d'incidents meurtriers impliquant des Libanais hostiles et favorables au régime Assad.

Le 12 mai, l'arrestation d'un islamiste sympathisant de la révolte syrienne avait mis le feu aux poudres à Tripoli, la principale ville du Nord.

Des accrochages entre sunnites anti-Assad et alaouites pro-Damas avaient fait ensuite dix morts dans cette ville.

Les violences se sont étendues lundi à Beyrouth où des heurts entre pro et anti-Assad ont fait deux morts au lendemain du meurtre d'un dignitaire sunnite hostile au régime syrien.

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite, très critique envers le régime syrien, a appelé le président libanais Michel Sleimane à intervenir face à la "gravité" de la crise, afin d'empêcher le pays de replonger dans la guerre civile.

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