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L'Irak, hôte de discussions nucléaires, revient sur la scène internationale

22/05/2012 03:59 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

Les négociations sur le dossier nucléaire iranien prévues mercredi à Bagdad sont potentiellement porteuses d'implications majeures pour la sécurité du monde, mais elles confirment aussi le retour de l'Irak, qui en sera l'hôte, sur la scène diplomatique internationale.

Les autorités irakiennes sont décidées à tourner la page sur des années d'isolement sous le régime de Saddam Hussein puis les terribles violences qui ont déchiré le pays après l'invasion américaine de 2003 et ont alloué plus de 1 milliard de dollars à l'amélioration de l'image du pays, avec des succès inégaux.

"Nous souhaitons vivement que l'Irak endosse un rôle de pays constructif, positif, avec une nouvelle image, différente de celle établie par Saddam Hussein, qui était celle d'une quête du pouvoir", explique Ali Moussaoui, conseiller médias du Premier ministre Nouri al-Maliki.

"Cette réunion est une occasion de montrer le vrai visage de l'Irak, d'un pays en quête de stabilité et de développement. En même temps, je tiens à dire que l'Irak n'est pas un pays marginal, il est important et joue un rôle positif", souligne-t-il.

Ces pourparlers entre le groupe des "5+1" (les membres permaments du Conseil de sécurité de l'ONU: Etats-Unis, Russie, Chine, France, et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne) et l'Iran, visent à désamorcer la crise autour du programme nucléaire controversé de ce dernier.

Pour l'Irak, c'est une nouvelle occasion de montrer qu'il peut organiser et assurer la sécurité de grands événements, après le succès du sommet de la Ligue arabe à Bagdad en mars, le premier en plus de 20 ans.

D'autres tentatives dans le pays ont toutefois été moins heureuses, comme celle de la ville sainte de Najaf (centre) d'organiser en 2012 l'année de la culture islamique, ou les velléités de Bassora (sud) d'accueillir la Coupe du Golfe de football en 2013. Les deux projets ont été abandonnés pour des problèmes d'organisation et de sécurité.

Et même pour les négociations nucléaires, les participants ont initialement soulevé quelques objections.

"Cela venait de gens qui n'étaient pas venus à Bagdad et qui pensaient: +nous allons dans une zone de guerre+", explique un diplomate occidental à Bagdad sous couvert d'anonymat. "Ce n'était qu'une première réaction", souligne-t-il.

D'autres ont évoqué l'influence supposée de l'Iran sur l'Irak, a-t-il noté. "Les Irakiens ne jouent pas de rôle de médiation, ils ont été très clairs à ce sujet. Ils disent à chaque occasion: +Nous comprenons que nous ne sommes pas là comme médiateurs+, tout comme les Turcs n'étaient pas les médiateurs (lors d'une précédente réunion en avril) à Istanbul", souligne-t-il.

La réunion pourrait ne pas donner de résultats spectaculaires, si bien que l'accent sera probablement mis sur sa tenue à Bagdad, encore inconcevable il y a un an, lorsque le sommet arabe avait dû être repoussé à deux reprises, en partie en raison des violences qui secouaient l'Irak.

"Le seul fait que l'Irak soit capable d'accueillir un événement international majeur de ce genre souligne sa ré-émergence aux niveaux régional et international", estime Reidar Visser, spécialiste de l'Irak et auteur du site www.historiae.org.

"Cela fait suite au sommet arabe et cela se produit à un moment où la capacité de l'Irak à augmenter sa production de pétrole attire l'attention dans le monde entier", souligne-t-il.

psr/ahe/sw

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