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Libération d'un Libanais dont l'arrestation a provoqué des heurts meurtriers

22/05/2012 08:59 EDT | Actualisé 22/07/2012 05:12 EDT

Un islamiste, dont la détention a provoqué des combats meurtriers entre partisans et opposants du régime syrien au Liban, a affirmé mardi après sa libération avoir été torturé en vue de faire des "aveux" sur des liens avec le réseau Al-Qaïda.

"Ce n'est pas vrai, tout ce que j'ai avoué, c'était sous la pression et sous la torture", a affirmé Chadi al-Mawlawi, 27 ans, interrogé sur des informations de presse qui avait fait état de ses "aveux" concernant des liens avec le réseau extrémiste.

Il s'exprimait à la presse peu après sa libération par la justice militaire libanaise contre paiement d'une caution de 500.000 Livres libanaises (333 dollars US).

L'arrestation de M. Mawlawi le 12 mai sous l'accusation d'appartenanace à une "organisation terroriste" a provoqué des combats confessionnels à l'artillerie lourde entre les habitants d'un quartier alaouite pro-régime syrien et ceux d'un autre sunnite anti-régime à Tripoli, grande ville du Nord.

"Sa libération est la plus grande preuve qu'il est innocent", a indiqué son avocat Mohammad Hafza. "Mon client n'a rien à voir avec Al-Qaïda ou avec toute autre organisation".

La libération de M. Mawlawi a été accueillie par des célébrations à Tripoli, où des islamistes ont mis fin au sit-in organisé sur la principale place depuis son arrestation.

Ses partisans ont affirmé qu'il avait été arrêté car il aidait les réfugiés syriens à fuir les violences en Syrie voisine, où une révolte contre le régime du président Bachar al-Assad est matée dans le sang depuis plus de 14 mois.

Les heurts avaient atteint dans la nuit de dimanche à lundi Beyrouth, après la mort d'un cheikh sunnite connu pour ses critiques contre M. Assad, tué dimanche à un barrage de l'armée dans le nord du pays. Deux personnes ont été tuées et 18 blessées dans les échanges de tirs à Beyrouth.

Mardi et pour la troisième journée consécutive, des manifestants ont bloqué avec des pneus brûlés et des monticules de terre des routes du nord, à Halba et Cheikh Ayache, pour protester contre la mort du cheikh sunnite, selon un responsable de la sécurité.

Le puissant Hezbollah chiite, un allié du régime Assad, a présenté ses condoléances au mufti de la République (sunnite) pour la mort du cheikh.

Les craintes d'un débordement de la crise en Syrie au Liban ont augmenté ces derniers jours. Le Liban, sous tutelle syrienne pendant 30 ans, reste divisé entre pro et anti-Assad.

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