NOUVELLES

Les négociations Khartoum/Juba reprendront la semaine prochaine (Mbeki)

22/05/2012 02:56 EDT | Actualisé 22/07/2012 05:12 EDT

Le Soudan du Sud et le Soudan vont reprendre la semaine prochaine les négociations suspendues après des semaines de combats et de tensions à leur frontière commune, a annoncé mardi le médiateur en chef pour l'Union africaine (UA), Thabo Mbeki.

"Maintenant, nous avons un accord des deux présidents Béchir et Salva Kiir pour que les négociateurs des deux parties se rencontrent la semaine prochaine", a dit M. Mbeki à l'issue d'un entretien à Khartoum avec le chef de l'Etat du Soudan Omar el-Béchir.

Les négociateurs vont "examiner tous les éléments des décisions prises par l'Union africaine et le Conseil de sécurité de l'ONU", a dit M. Mbeki sans avancer de date précise pour la reprise de ces négociations.

Dans une résolution adoptée le 2 mai, le Conseil de sécurité de l'ONU avait exhorté les deux voisins soudanais à cesser leurs combats à la frontière sous peine de sanctions et à entamer sans conditions des discussions d'ici au 16 mai, sous peine de sanction.

Il avait appelé les deux parties d'établir "une zone frontalière démilitarisée sûre" de 10 km et d'activer le "mécanisme conjoint de vérification et de surveillance" de cette frontière contestée.

Dans une nouvelle résolution, le Conseil de sécurité a réitéré son ultimatum et exigé du Soudan "qu'il retire immédiatement et sans conditions" ses soldats et policiers de la région frontalière contestée d'Abyei, dont le Soudan du Sud s'est déjà retiré, selon le texte.

La déclaration de M. Mbeki à Khartoum est intervenue peu après l'annonce par Juba que l'aviation soudanaise avait de nouveau bombardé lundi et mardi le territoire du Soudan du Sud.

"Le Soudan du Sud considère ces bombardements aériens (...) comme une grave menace à la paix et la sécurité régionales et internationales," a déclaré le ministre sud-soudanais de l'Information, Barnaba Marial Benjamin, devant la presse.

Selon le responsable, les bombardements ont visé la région de Werguet, dans l'Etat sud-soudanais du Bahr el Ghazal-Nord, frontalier de la province soudanaise du Darfour-Sud.

Il n'était pas possible, dans l'immédiat, d'obtenir une confirmation indépendante de ces raids aériens. Le Soudan nie régulièrement ce genre d'accusations.

Les tensions entre le Soudan et le Soudan du Sud se sont envenimées fin mars quand des combats d'une violence sans précédent depuis l'accès à l'indépendance du Sud, en juillet, ont éclaté, et que les pourparlers menés sous l'égide de l'UA pour régler les différends post-partition du Soudan ont été suspendus.

Les affrontements armés à la frontière semblaient s'être calmés ces derniers jours, mais les deux parties, qui affirment toutes deux vouloir la paix, n'ont pas respecté la date butoir du 16 mai.

Depuis la fin de la semaine dernière, Thabo Mbeki fait des allers-retours entre Khartoum et Juba pour tenter de relancer les discussions.

Lundi, il a assuré que les deux voisins, que des décennies de guerre civile ont déjà opposés dans le passé, se mettraient cette semaine d'accord pour une date de reprise des négociations.

Parmi les sujets de contentieux entre Juba et Khartoum figurent le partage de ressources pétrolières --le Sud a hérité des trois-quarts des réserves de brut du Soudan d'avant partition mais reste entièrement tributaire des oléoducs du Nord pour exporter-- la démarcation de la frontière commune, ou encore des accusations réciproques de soutien à des groupes rebelles.

Outre la date butoir du 16 mai, le Conseil de sécurité de l'ONU a donné trois mois à Juba et Khartoum pour résoudre ces différends.

it/hj/vl

PLUS:afp