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Le Hezbollah appelle au calme après l'enlèvement de 11 Libanais en Syrie

22/05/2012 05:24 EDT | Actualisé 22/07/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Le chef du Hezbollah, un puissant groupe chiite libanais, a appelé au calme, mardi, après que des citoyens eurent bloqué des routes et brûlé des pneus à Beyrouth pour protester contre l'enlèvement de 11 Libanais chiites en Syrie.

L'enlèvement, survenu dans la province syrienne d'Alep, menace de raviver les tensions intercommunautaires dans la région, et fait craindre que le Liban ne sombre à son tour dans le conflit qui affecte la Syrie voisine.

Les Libanais enlevés étaient des chiites qui revenaient d'un pèlerinage religieux en Iran quand des rebelles syriens ont intercepté leurs véhicules, selon l'agence de presse syrienne SANA. Les rebelles ont enlevé 11 Libanais et un chauffeur syrien, mais ont libéré toutes les femmes qui voyageaient avec eux.

Des responsables libanais de la sécurité ont confirmé l'enlèvement.

Alors que la nouvelle se propageait, des résidants de la banlieue sud de Beyrouth, une zone chiite, sont descendus dans les rues et ont brûlé des pneus en signe de protestation.

Le chef du Hezbollah, un fidèle allié du régime syrien, a appelé au calme et a mis ses partisans en garde contre les attaques de revanche visant des Syriens.

«Cela est strictement interdit», a dit le cheikh Hassan Nasrallah dans un discours télévisé.

Il a affirmé que le gouvernement libanais devait faire pression pour demander la libération des pèlerins. «Nous travaillerons jour et nuit jusqu'à ce que ces personnes bien-aimées soient avec nous», a ajouté le cheikh Nasrallah.

Le Hezbollah a déjà exprimé son soutien au président syrien Bachar el-Assad depuis le début du soulèvement en Syrie, il y a 15 mois.

Les sunnites constituent l'épine dorsale de la révolte syrienne, qui a provoqué des tensions entre les communautés religieuses du pays. Bachar el-Assad et l'élite au pouvoir en Syrie font partie de la secte alaouite, une émanation de l'islam chiite.

Quelques heures après l'enlèvement des 11 Libanais, des mouvements des troupes gouvernementales syriennes ont été constatés dans la province d'Alep, ont déclaré des militants.

Les enlèvements surviennent dans une période de tensions au Liban liées au conflit en Syrie. Les deux pays partagent un réseau complexe de liens politiques et communautaires qui peuvent rapidement sombrer dans la violence. Le conflit syrien s'est déjà répandu de l'autre côté de la frontière, avec des résultats meurtriers.

Les groupes sunnites libanais qui soutiennent ou s'opposent au gouvernement syrien se sont affrontés à coups de grenades et de mitrailleuses lundi matin à Beyrouth, des violences qui ont fait au moins deux morts. Il s'agit de certains des affrontements les plus violents dans la capitale libanaise depuis 2008.

L'élément déclencheur de ces violences a été la mort, dimanche, d'un religieux sunnite opposé à la Syrie et de son garde du corps dans le nord du Liban. Un soldat libanais a ouvert le feu sur les deux hommes après qu'ils eurent apparemment omis de s'arrêter à un point de contrôle militaire. La mort du religieux a alimenté la colère de certains Libanais contre ce qu'ils estiment être le soutien de certains membres des forces de sécurité envers le régime syrien.

La Syrie a maintenu des troupes sur le territoire libanais pendant près de 30 ans, jusqu'en 2005, et continue d'avoir des liens étroits avec les forces de sécurité libanaises.

Plus tôt ce mois-ci, l'arrestation de Shadi Mawlawi, un Libanais ouvertement opposé à Bachar el-Assad, a déclenché plusieurs jours d'affrontements dans le nord du Liban qui ont fait huit morts. Shadi Mawlawi a été accusé d'appartenir à un groupe terroriste.

Mardi, les autorités l'ont libéré de prison en échange d'une caution équivalant à 330 $ US, un geste qui devrait permettre d'apaiser les tensions. Lors d'une conférence de presse à Tripoli, dans le nord du Liban, Shadi Mawlawi a déclaré avoir été «soumis à des pressions psychologiques et à de la torture» après son arrestation le 12 mai, afin de lui arracher des confessions sur sa prétendue appartenance à un groupe terroriste. M. Mawlawi nie tout lien avec de tels groupes.

Alors qu'il parlait pendant la conférence de presse, des partisans en ont profité pour dénoncer le régime syrien en scandant: «El-Assad est l'ennemi de Dieu».

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