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Des négociations sur le nucléaire iranien sous des auspices favorables

22/05/2012 03:50 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

Les parties au conflit sur le nucléaire iranien sont plus disposées que jamais sous la présidence de Barack Obama à parvenir à un compromis, ayant envisagé un affrontement avant d'y renoncer, estime Trita Parsi, auteur d'un livre sur la politique iranienne du président américain.

"Les deux parties ont marché jusqu'au bord de la falaise et ont toutes deux décidé qu'elles n'y tomberaient pas", a déclaré Trita Parsi lors d'un entretien à l'AFP avant une rencontre cruciale mercredi à Bagdad entre l'Iran et le groupe dit 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne).

Peu après son investiture, Barack Obama a radicalement changé d'approche envers l'Iran par rapport à son prédécesseur George W. Bush, se déclarant ouvert au dialogue si Téhéran "desserrait le poing".

Cette politique a échoué, selon Trita Parsi, non seulement à cause des "énormes tensions" en Iran à la suite des élections contestées de 2009 et d'une certaine inflexibilité américaine, mais aussi à cause d'un manque de confiance et de volonté politique des deux côtés.

Depuis, les enjeux ont pris de l'ampleur, explique ce spécialiste du Moyen-Orient et des relations irano-américaines, également à la tête du Conseil national irano-américain.

L'Iran a considérablement accru ses activités nucléaires, renforçant les craintes quant à une dimension militaire de son programme, ce que Téhéran nie. En conséquence, les sanctions internationales ont été renforcées et la tension s'est accrue.

La République islamique a cependant ensuite abandonné sa condition préalable de levée des sanctions avant toute discussion et les Etats-Unis ont de leur côté "dit assez clairement", estime Trita Parsi, qu'ils étaient prêts à renoncer à leur veto sur l'enrichissement d'uranium par l'Iran -qui peut être utilisé à des fins civiles comme militaires- en cas de coopération.

"C'était une percée importante car c'était un blocage majeur par le passé, les Iraniens étant très réticents à la négociation si le but était de faire disparaître quelque chose qu'ils perçoivent comme leur droit", analyse Trita Parsi.

Israël, qui se voit comme la cible principale si Téhéran s'équipe d'armes nucléaires, avait dit clairement que céder sur l'enrichissement allait trop loin, mais le spécialiste pense que cela pourrait changer: "Une fois que nous aurons atteint une situation dans laquelle les Israéliens réalisent que le processus de négociation est assez solide, alors je pense que nous verrons un changement dans la position israélienne", a-t-il estimé.

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