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Couche-Tard se dit déçu de la réponse à son offre pour Statoil Fuel & Retail

22/05/2012 09:47 EDT | Actualisé 22/07/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Alimentation Couche-Tard (TSX:ATD.B) se dit «déçu» de la lenteur avec laquelle les petits actionnaires de Statoil Fuel & Retail (SFR) répondent à son offre d'achat de 2,7 milliards $ pour le détaillant norvégien.

Jusqu'ici, 66,7 pour cent des actions de SFR ont été déposées dans le cadre de l'offre présentée par l'entreprise lavalloise. C'est relativement peu compte tenu que le géant pétrolier norvégien Statoil, qui détient 54 pour cent de SFR, a déjà cédé toutes ses actions.

Pour que la transaction puisse aller de l'avant, au moins 90 pour cent des actions doivent être déposées.

Couche-Tard a donc prolongé son offre jusqu'à mardi prochain. D'autres prolongations pourraient suivre puisque le détaillant se donne jusqu'à la fin juin pour conclure la transaction.

Dans un communiqué publié lundi, Couche-Tard a invité les actionnaires à accepter son offre en soulignant qu'aucune autre entreprise n'a jusqu'ici montré d'intérêt pour SFR.

Couche-Tard a également rappelé que trois banques d'investissement ont conclu que son offre de 51,20 couronnes norvégiennes par action est «juste et équitable» pour les actionnaires de SFR.

Hausse de l'offre?

Dans un rapport publié mardi, l'analyste Martin Stenshall, de Danske Markets Equities, a dit croire que plus de 10 pour cent des actionnaires de SFR attendent un relèvement de l'offre de Couche-Tard. Une autre firme, Pareto Securities, prédit elle aussi que Couche-Tard devra bonifier son offre pour atteindre le seuil de 90 pour cent des actions.

L'analyste Lars-Daniel Westby, de SpareBank 1 Markets, a indiqué dans un courriel que des actionnaires, y compris des investisseurs institutionnels norvégiens et un important client de la banque américaine JP Morgan, souhaitent que l'offre soit bonifiée à 53 couronnes, soit 1,80 couronne de plus.

Au cours d'un bref entretien téléphonique, mardi, le chef de la direction financière de Couche-Tard, Raymond Paré, a réitéré que l'entreprise n'avait pas l'intention d'augmenter son offre d'achat pour SFR.

Dans une note, l'analyste Martin Landry, de GMP Securities, a fait un parallèle intéressant entre le pourcentage d'actions déposées dans le cadre de l'offre de Couche-Tard pour SFR et celui obtenu dans des transactions réalisées en Norvège au cours des dernières années.

À la lumière de ces comparaisons, on peut conclure que la proportion de 66,7 pour cent obtenue par Couche-Tard est faible. En octobre 2007, Parker Hannifin avait obtenu le dépôt de 91 pour cent des actions de Scan Subsea sans avoir à prolonger son offre.

En janvier 2008, dans le cadre d'une offre d'achat pour Fast Search & Transfer, Microsoft avait obtenu 82 pour cent dès le départ et la transaction avait été conclue au terme d'une brève prolongation. Enfin, en octobre 2009, Cisco Systems a pu mettre la main sur Tandberg après quelques prolongations et une bonification de son offre.

L'offre de Couche-Tard représente une prime de plus de 50 pour cent par rapport au cours de clôture de l'action de SFR la veille de l'annonce, le 18 avril. L'entreprise québécoise a tenu à souligner lundi que l'indice principal de la Bourse d'Oslo a reculé de 8,1 pour cent depuis cette date.

«Nous demeurons fermement convaincus que notre offre reflète une valeur juste et entière pour Statoil Fuel & Retail et croyons que ses actionnaires choisiront d'en tirer parti en déposant leurs actions avant le délai du 29 mai», a commenté le grand patron de Couche-Tard, Alain Bouchard, dans le communiqué.

L'action de Couche-Tard a chuté de 5,7 pour cent mardi pour clôturer à 39,04 $, à la Bourse de Toronto, alors que celle de SFR a gagné 0,5 pour cent à 50,75 couronnes, à la Bourse d'Oslo.

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