NOUVELLES

AIEA: "un pas en avant" mais l'Iran sera jugé sur ses actes (Maison Blanche)

22/05/2012 03:17 EDT | Actualisé 22/07/2012 05:12 EDT

La Maison Blanche a affirmé mardi que l'annonce d'un "accord" entre l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et l'Iran sur son programme nucléaire controversé constituait "un pas en avant", mais a prévenu qu'elle jugerait Téhéran sur ses actes.

"Il est important de noter que l'annonce d'aujourd'hui est un pas en avant", a déclaré le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney, tout en soulignant que les Etats-Unis jugeraient "le comportement de l'Iran sur la base de ses actes", après que le directeur général de l'AIEA eut fait état d'un "accord" avec Téhéran avant la reprise de pourparlers mercredi à Bagdad.

M. Carney a estimé que cette annonce était "tout à fait importante" mais a répété que c'était à Téhéran de prouver le caractère pacifique de son programme nucléaire controversé.

"L'annonce d'un accord est une chose, mais c'est sa mise en oeuvre qui nous intéresse", a souligné la porte-parole du département d'Etat américain, Victoria Nuland.

Washington attend de voir si la République islamique va fournir l'accès à tous ses "sites, documents et personnels comme le demande l'AIEA pour déterminer si le programme (nucléaire) iranien a des visées exclusivement pacifiques", a-t-elle ajouté.

De retour d'une visite à Téhéran, le chef de l'AIEA, Yukiya Amano, a qualifié mardi de "développement important" cette "décision" visant à lever les incertitudes sur la nature du programme nucléaire iranien.

Mais contrairement aux espoirs initiaux de certains diplomates avant sa visite, l'accord n'a pas été signé: il doit l'être "prochainement", a promis M. Amano.

Selon un diplomate occidental, la visite de M. Amano n'a pas permis de véritable "percée". Elle paraît même décevante selon un autre, qui a toutefois indiqué que de nouvelles réunions à Vienne mardi donneraient une "idée plus claire" du tableau.

"Il ne s'agit que d'une promesse et l'Iran en a fait beaucoup dans le passé", a souligné un troisième diplomate, notant que Téhéran essayait peut-être de faire bonne figure à la veille de la réunion de Bagdad.

La présidente de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine, Ileana Ros-Lehtinen, a quant à elle qualifié de "promesse vide" le projet d'accord.

De son côté, le sénateur républicain John McCain a assuré à l'AFP: "il faudra voir. Mais comme l'a dit l'un de nos grands présidents (Ronald Reagan, ndlr): +faire confiance, mais vérifier+". Interrogé ensuite pour savoir s'il ferait confiance aux Iraniens, le sénateur a répondu: "pas le moins du monde".

Interrogé à son tour par l'AFP, le sénateur démocrate John Kerry a affirmé qu'il n'avait pas assez d'informations pour s'exprimer sur le sujet.

L'annonce de l'accord est intervenue à la veille d'une réunion à Bagdad entre l'Iran et le Groupe "5+1" (les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: Etats-Unis, Russie, Chine, France, et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne).

Selon la porte-parole du département d'Etat, les négociations avec l'AIEA et celles avec le Groupe "5+1" doivent être menées "en parallèle".

"Il y a d'un côté l'AIEA qui doit pouvoir démontrer qu'elle a vu tous les sites et documents, et de l'autre il y a le travail effectué par le Groupe (5+1) sur des mesures concrètes visant à obtenir plus de garanties" sur le programme nucléaire iranien, a ajouté Mme Nuland.

tq-bur-lc-em/lor-eg/sam

PLUS:afp