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Zimbabwe: le ministre de la Justice rejette les accusations de torture

21/05/2012 08:49 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

Le ministre zimbabwéen de la Justice a assuré lundi que les rapports faisant état de tortures et de violences contre des opposants étaient des "mensonges", lors d'une visite de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'Homme, Navi Pillay.

"Il n'y a pas de violence parrainée par l'Etat, ce ne sont que des mensonges. Nous lui avons dit qu'il n'y a pas de chambres de torture au Zimbabwe," a déclaré Patrick Chinamasa, au sortir d'une réunion avec Mme Pillay.

Un tribunal de Pretoria a ordonné début mai au parquet sud-africain d'ouvrir une enquête sur des responsables zimbabwéens accusés d'avoir torturé des militants à Harare il y a cinq ans, citant les obligations du pays vis-à-vis de la Cour pénale internationale (CPI).

"Nous devons examiner certains de ces rapports pour voir si la personne n'a pas été victime d'un accident personnel lui permettant de dire qu'elle a des blessures liées à des tortures", a déclaré M. Chinamasa, un partisan du président Robert Mugabe.

"Tout ce qui a été écrit ne contient pas de détails sur qui a été torturé, ni où ils ont été torturés. Les médias en ont parlé. Nous voulons savoir où c'est arrivé, de sorte que la police puisse enquêter", a-t-il ajouté.

M. Chinamasa a dit de sa rencontre avec Mme Pillay qu'elle avait été cordiale, et a réitéré son insistance de mettre hors la loi les "activités homosexuelles".

Navi Pillay a dit qu'elle ne ferait de commentaires qu'à la fin de son voyage au Zimbabwe, vendredi. Elle doit notamment rencontrer le président Mugabe.

Robert Mugabe, 88 ans, est au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1980, mais il a été contraint de partager le pouvoir avec son rival Morgan Tsvangirai --devenu Premier ministre-- après la sanglante campagne électorale de 2008, qui a failli dégénérer en guerre civile.

Malgré la mise en place de ce gouvernement d'union nationale, les militants des droits de l'Homme sont souvent arrêtés ou harcelés dans le cadre de leurs activités.

En 2009, le Zimbabwe avait refusé l'accès au rapporteur spécial de l'ONU sur la torture Manfred Nowak, qui souhaitait enquêter sur des atteintes aux droits de l'homme à l'encontre des adversaires politiques de M. Mugabe.

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