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Une comédie franco-israélienne scandalise la famille d'un chef du Hamas

21/05/2012 07:42 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

La famille d'un chef militaire du Hamas dont une comédie franco-israélienne tourne en dérision l'assassinat s'est déclarée lundi choquée par le film, non pas pour son caractère satirique, mais pour le portrait peu islamique qu'il fait de la victime.

Le film est inspiré de l'assassinat en janvier 2010 dans un hôtel de Dubaï de Mahmoud al-Mabhouh, un des fondateurs de la branche armée du mouvement islamiste palestinien, imputé à des agents israéliens. Sa distribution comprend l'acteur français Tomer Sisley et la plus célèbre mannequin d'Israël, Bar Refaeli.

La famille "va porter plainte pour diffamation contre les producteurs israéliens du film qui salissent l'image du martyr Mahmoud al-Mabhouh", a déclaré à l'AFP à Gaza le frère du défunt, Fayeq al-Mabhouh.

"Le film porte atteinte à l'image de notre frère, en le montrant en train de boire de l'alcool et rencontrant dans un bar un mannequin israélien qui le séduit et le piège en vue de son assassinat", a-t-il expliqué, en référence à une scène dans laquelle apparaît Bar Refaeli.

"Nous sommes une famille conservatrice et religieuse et nous respectons la réputation des morts, en particulier étant donné que notre frère est un symbole honorable de la résistance", a souligné Fayeq al-Mabhouh.

La police de Dubaï a imputé l'assassinat au Mossad, le service de renseignements israélien, étayant ses accusations par la diffusion d'images de vidéosurveillance montrant que 27 personnes avaient participé à l'opération. L'enquête a montré que tous avaient utilisé de faux passeports, britanniques, irlandais, français, australiens ou allemands.

Israël n'a jamais confirmé son implication dans l'assassinat. Il en a néanmoins subi les conséquences diplomatiques, plusieurs pays occidentaux lui ayant reproché d'avoir utilisé leurs passeports dans l'opération.

Dans le film, selon le quotidien israélien Haaretz, de hauts responsables du Mossad découvrent que les assassins sont en fait des voyous, dont un étudiant, un faussaire et le propriétaire d'une maison close, tous impliqués dans une tentative d'escroquerie.

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