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Tunisie: des syndicats de police portent plainte contre un ex-ministre de la Défense

21/05/2012 02:46 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

Des syndicats de police en Tunisie ont annoncé lundi avoir porté plainte contre un ex-ministre de la Défense Ridha Ghrira et contre "tous ceux qui sont impliqués" dans "l'incitation à l'effusion du sang des civils" lors du soulèvement qui a provoqué la chute de Ben Ali le 14 janvier 2011.

Regroupés au sein de l'Union nationale des syndicats des forces de sûreté tunisienne (Unsfst), les responsables de syndicats ont indiqué dans un communiqué avoir porté plainte contre "tous ceux qui sont impliqués dans le complot contre la sûreté de l'Etat et dans l'incitation à l'effusion du sang des civils, des agents de la sécurités et des militaires tunisiens".

Quelque 338 Tunisiens ont été tués et 2.174 blessés durant le soulèvement populaire qui a provoqué la fuite le 14 janvier 2011 de l'ex-homme fort de Carthage en Arabie saoudite, selon un premier bilan officiel provisoire tunisien publié vendredi dernier.

Selon ce bilan établi par la Commission nationale d'investigation sur les abus commis depuis le 17 décembre 2011, date du déclenchement du soulèvement, 66% des personnes ont été tuées par balles et les forces de sécurité sont responsables de 79% des cas de décès.

Lors d'une conférence de presse le 9 mai, les syndicats de police avaient accusé Ridha Ghrira d'avoir orchestré la diffusion, via les médias, de fausses informations "pour créer le chaos et empêcher la passation du pouvoir dans l'espoir de faire revenir Ben Ali".

M. Ghrira a occupé le poste de ministre des Domaines de l'Etat durant onze ans à partir de 1999. Il a ensuite été ministre de la Défense jusqu'à la fuite du président Ben Ali le 14 janvier après un mouvement de contestation populaire sans précédent.

Détenu depuis le 20 septembre 2011, M. Ghrira est poursuivi dans une affaire touchant aux domaines de l'Etat. Il serait impliqué dans des détournements et abus de pouvoir du temps lorsqu'il était en charge des Domaines de l'Etat, un secteur saigné à blanc par la famille et les alliés de l'ancien président déchu Ben Ali et son épouse Leïla Trabelsi.

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