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Mali: manifestation à Bamako contre un accord de sortie de crise

21/05/2012 08:59 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

Des milliers de personnes ont manifesté lundi à Bamako contre un accord de sortie de crise, à l'appel de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam) favorable au coup d'Etat du 22 mars ayant renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT), a constaté l'AFP.

"Les dispositions prises par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) n'engagent pas les Maliens. C'est une trahison. Ceux qui sont venus à Bamako n'ont pas de considération pour les Maliens", a déclaré Hamadoun Amion Guindo, président de la Copam lors d'un bref meeting.

La Copam a affirmé qu'environ 30.000 personnes s'étaient rassemblées devant le Centre international de conférence de Bamako (CICB), beaucoup moins, selon les journalistes présents.

Sur les pancartes et banderoles, on pouvait lire: "Le peuple malien est souverain", "L'intérim ne prendra pas une minute de plus". Mais on pouvait aussi entendre des slogans contre le chef de l'ex-junte malienne qui a renversé ATT, le capitaine Amadou Haya Sanogo, accusé d'avoir "trahi".

La Copam s'oppose au maintien du président intérimaire Dioncounda Traoré qui dirigera pendant un an une transition devant aboutir à des élections générales, en vertu d'un accord trouvé ce week-end entre les médiateurs de la Cédéao, M. Traoré et le capitaine Sanogo.

Cet accord donne au capitaine Sanogo rang d'ancien chef d'Etat avec tous les privilèges qui y sont attachés: indemnité, logement, garde, voiture.

De nombreux manifestants sont ensuite allés à Koulouba, siège de la présidence malienne près de Bamako, où se trouvait Dioncounda Traoré.

Ils s'étaient auparavant rassemblés devant les bureaux du Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, pour dénoncer son "double jeu", selon Nouhoum Keïta, membre de la Copam. "C'est lui qui a dit qu'il est pour le maintien de Dioncounda Traoré", a-t-il déclaré à l'AFP.

Après la manifestation, la Copam devait organiser une "convention" qui se tiendra jusqu'à mardi et doit prendre "des résolutions allant dans le sens de la contestation des décisions prises par la Cédéao", a affirmé M. Keïta.

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