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Mali: le président Traoré agressé après un accord sur son maintien au pouvoir

21/05/2012 01:58 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

Le président malien par intérim Dioncounda Traoré a été agressé et blessé lundi dans son bureau près de Bamako par des manifestants opposés à son maintien au pouvoir après un accord avec les auteurs du coup d'Etat du 22 mars devant lui permettre de diriger dès mardi une transition d'un an.

L'agression contre M. Traoré, 70 ans, a eu lieu à Koulouba, en marge d'une manifestation organisée par plusieurs organisations et associations favorables au coup d'Etat du 22 mars ayant renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT).

Il "a été tabassé et blessé" par de nombreux manifestants qui ont réussi à pénétrer dans son bureau du Secrétariat général de la présidence, près du palais présidentiel, et "il a été transporté à l'hôpital", a déclaré à l'AFP Baye Coulibaly, un journaliste malien qui était présent sur les lieux.

M. Traoré a été admis aux urgences, et son Premier ministre Cheick Modibo Diarra et d'autres personnalités se sont immédiatement rendus à son chevet. Selon un infirmier, il présentait "une blessure au visage et une au dos".

"Il a passé un scanner qui a révélé qu'il n'y a pas de lésion grave", a déclaré plus tard le médecin qui s'est occupé de l'examen. M. Traoré a ensuite quitté l'hôpital à bord d'une voiture vers un lieu "sécurisé", a-t-il précisé.

Un membre de son entourage avait déjà indiqué que sa vie n'était pas en danger.

Depuis Chicaco (Etats-Unis) où il participe au sommet de l'Otan, le président français François Hollande a condamné cette agression et appelé au respect des autorités et du processus de transition maliens.

Selon différents témoignages, les manifestants ont investi tous les bâtiments officiels à Koulouba, incluant le palais présidentiel inoccupé depuis le putsch. Un photographe de l'AFP présent à Koulouba vu des centaines de protestataires, en majorité des jeunes, qui ont réussi à s'approcher des bureaux de Dioncounda Traoré et à briser un portail, malgré la présence d'une centaine de membres de la Garde nationale. Ils ont ensuite réussi à pénétrer dans les bâtiments.

L'AFP n'avait eu lundi soir aucune indication sur des blessés autres que Dioncounda Traoré lors de ces violences, survenues au lendemain d'un accord sur la transition après le coup d'Etat de militaires menés par le capitaine Amadou Haya Sanogo.

En vertu de cet accord signé par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), l'ex-junte militaire et les autorités intérimaires, le capitaine Sanogo a obtenu le statut d'ex-président avec tous les avantages dus à ce rang: indemnités, garde, voiture, logement...

Près de 350.000 déplacés et réfugiés en quatre mois

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Il prévoit aussi une période de transition de douze mois à compter de mardi, terme de l'intérim de 40 jours fixés par la Constitution, Dioncounda Traoré ayant été investi le 12 avril.

Avant de se rendre à Koulouba, les opposants à cet accord qu'ils qualifient de "trahison" avaient manifesté dans le centre de Bamako. Les putschistes avaient précédemment refusé que M. Traoré dirige la transition.

Depuis sa prise de fonction et la nomination de son Premier ministre Cheick Modibo Diarra, le Mali est resté en proie à la crise née du putsch qui a accéléré la chute du nord du pays aux mains de divers groupes armés dominés par des islamistes, dont le mouvement Ansar Dine et Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Bien qu'ayant accepté de rendre le pouvoir au civils par un accord avec la Cédéao signé le 6 avril, l'ex-junte militaire ne s'était jamais véritablement retirée de la scène politique.

Le capitaine Sanogo s'opposait à la Cédéao sur le nom du président de transition, poste qu'il convoitait lui-même, selon les milieux politiques maliens. Il avait rejeté la durée d'un an de la transition initialement décidée par la Cédéao en avril.

Le blocage politique profitait aux groupes armés, dont une rébellion touareg, qui contrôlent depuis près de deux mois les trois régions administratives formant le Nord, vaste et aride: Kidal, Gao et Tombouctou.

Si, en dépit du traumatisme qu'il vient de subir, Dioncounda Traoré accepte de poursuivre sa mission, il devra organiser des élections d'ici à 12 mois et surtout tenter de résoudre la crise dans le Nord où, selon l'ONU, près de 350.000 personnes ont fui depuis mi-janvier leurs domiciles pour se réfugier à l'intérieur du Mali ou dans des pays voisins.

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