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L'Irak doit donner un coup de fouet au secteur hors pétrole (Banque centrale)

21/05/2012 12:09 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

L'Irak doit se réformer pour réduire sa dépendance envers le secteur public et faire plus pour son secteur non-pétrolier s'il veut créer des emplois, a estimé lundi le gouverneur de la Banque centrale d'Irak, Sinan al-Shabibi.

"Le gouvernement prend trop d'ampleur", a-t-il dit dans un entretien à l'AFP au siège de la Banque centrale à Bagdad.

"(C'est comme si) nous nous reposions totalement sur le gouvernement pour fournir emplois et développement (...) Beaucoup de gens pensent que le développement du secteur non-pétrolier va prendre beaucoup de temps et probablement ils choisissent la voie facile, le gouvernement", selon lui.

Le secteur pétrolier domine l'économie irakienne et a rapporté 8,8 milliards de dollars de recettes pour le seul mois d'avril. Il représente les deux tiers du produit national brut.

La production de brut s'est sensiblement accrue ces derniers mois, dépassant le seuil des 3 millions de barils par jour, et les autorités ont déjà fait savoir que l'Irak ne compte pas s'en tenir là.

Mais parallèlement, le secteur pétrolier ne représente que 1% des emplois en Irak, selon des chiffres de l'ONU. Quant au secteur privé, il est quasi-inexistant, si bien que le taux de chômage officiel s'élève à 12%. Dans les faits, il est même estimé à environ 30%.

"Si vous voulez parler d'une réduction du chômage, vraiment, je crois qu'il faut développer (...) le secteur non-pétrolier", a souligné le gouverneur, en poste depuis 2003. "Bien qu'il soit très limité, c'est là-dessus que nous devrions nous concentrer".

"Une autre priorité pour le gouvernement serait de travailler très dur à faciliter les conditions de travail du secteur privé", selon lui. "En fait, nous avons des types de régulations qui empêchent toute sorte de développement du secteur privé".

"Beaucoup de gens du secteur privé viennent dans le pays mais ne peuvent pas continuer car ils font face à beaucoup de problèmes. Il est très important que nous facilitions les conditions de travail des gens, des entreprises pour que (...) d'autres secteurs (hors pétrole) puissent fonctionner", a-t-il conclu.

psr/ahe/tp

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