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L'imam d'Al-Azhar ne veut pas de mosquées chiites en Egypte

21/05/2012 01:15 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

L'imam d'Al-Azhar Ahmed al-Tayyeb, la plus haute autorité islamique d'Egypte s'est dit lundi opposé à l'ouverture de mosquées chiites dans le pays, affirmant en recevant un diplomate iranien au Caire que ces lieux de culte étaient des sources potentielles d'instabilité.

Cheikh al-Tayyeb a indiqué au diplomate que la prestigieuse institution sunnite considérait que l'ouverture en Egypte de mosquées chiites, appelées husseiniya, "déstabilise la patrie, fissure l'unité et affaiblit la cohésion nationale", selon un communiqué d'Al-Azhar.

Ces déclarations interviennent au lendemain de la publication d'un communiqué de dignitaires d'Al-Azhar et de groupes islamistes condamnant ce qu'ils ont qualifié de tentatives de propager le chiisme en Egypte.

Les chiites sont très peu nombreux dans ce pays, dont les 82 millions d'habitants sont en grande majorité sunnites. Le chiisme est prédominant en Irak et en Iran, pays à l'égard duquel l'Egypte et les monarchies du Golfe nourrissent une forte méfiance.

Les sunnites s'opposent traditionnellement au chiisme, d'après qui plusieurs des compagnons du prophète Mahomet, révérés par les sunnites, ont usurpé après sa mort le pouvoir qui aurait dû revenir selon eux à Ali, cousin et gendre du prophète et premier imam du chiisme.

"Nous ne sommes pas contre le chiisme. Ils peuvent faire ce qu'ils veulent dans leur pays, mais si nous nous rapprochons d'eux nous ne voulons pas entendre d'insultes contre les compagnons" du prophète, a dit à l'AFP Mahmoud Azab, conseiller du cheikh al-Tayyeb.

Le chiisme est presque un sujet tabou en Egypte, en partie parce qu'il est associé à l'Iran, qui a rompu ses relations diplomatiques avec Le Caire en 1980 après la révolution islamique, pour protester contre la conclusion en 1979 d'un accord de paix entre l'Egypte et Israël.

Lors d'un récent débat, l'un des favoris à la présidentielle des 23 et 24 mai, Abdel Moneim Aboul Foutouh, a affirmé que le chiisme ne devait pas être autorisé à pénétrer en Egypte. Un autre candidat a dû nier être chiite après des rumeurs persistantes.

M. Azab a indiqué que le communiqué de l'imam d'Al-Azhar répondait à des informations faisant état de la construction d'une husseiniya dans une banlieue du Caire où vivent de nombreux Irakiens.

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