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Le gymnaste Kohei Uchimura veut mener le Japon à l'or aux JO de Londres

21/05/2012 12:45 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

TOKYO - Quand Kohei Uchimura s'imagine remportant une médaille d'or aux Jeux olympiques de Londres, il se voit la remporter en équipe.

Grand favori pour enlever le concours général individuel, la plus prestigieuse médaille en gymnastique, Uchimura veut mettre le Japon au premier plan au cours de ces Jeux.

Depuis qu'il a gagné l'argent aux Jeux de Pékin, en 2008, Uchimura a été imbattable. Il a remporté son troisième titre mondial d'affilée à Tokyo à l'automne dernier, rejoignant ainsi Svetlana Khorkina, seule autre gymnaste à détenir trois titres mondiaux. Comme le médaillé d'or des Jeux de Pékin, Wei Yang, a pris sa retraite, ça prendrait une bourde colossale d'Uchimura pour ne pas ajouter l'or olympique à son palmarès.

Mais à l'approche des Jeux, le gymnaste de 23 ans préfère mettre l'accent sur ce qu'il peut faire pour mettre fin à la léthargie du Japon dans la compétition par équipe.

«J'en ai marre d'être deuxième dans la compétition par équipe et c'est ce que nous devons changer, a dit Uchimura. La compétition par équipe en est une spéciale et de l'emporter est beaucoup plus gratifiant que de gagner une médaille individuelle.»

Le Japon a raflé le titre par équipe aux Jeux d'Athènes, en 2004, coiffant la formation américaine menée par Paul Hamm. Depuis, les Japonais se sont retrouvés coincés derrière les Chinois, terminant deuxièmes à Pékin et lors des quatre derniers Championnats du monde.

«J'ai beaucoup de mauvais souvenirs de Pékin. Souhaitons que nous pourrons les effacer et ramener l'or au Japon.»

Pour la compétition par équipe aux Jeux de Londres, les effectifs ont été ramenés de six à cinq gymnastes, ce qui pourrait être bénéfique au Japon.

Au lieu de recruter trois ou quatre spécialistes qui pourraient obtenir de forts pointages dans la finale par équipe, les pays devront maintenant compter sur des athlètes capables de bonnes performances dans toutes les disciplines. Pour des pays comme le Japon ou les États-Unis, où la profondeur est telle qu'ils pourraient former deux ou trois équipes capables de monter sur le podium, ce ne sera pas un problème. D'autre pays, qui ont principalement compté sur la force de leurs spécialistes, pourraient en souffrir.

«La Chine sera une très bonne équipe, a indiqué le gymnaste américain Jonathan Horton. Mais je crois que le Japon, la Chine et les États-Unis se livreront bataille pour cette médaille d'or».

Mais pour ce qui est du concours général individuel, la compétition risque de ne pas être aussi serrée.

Uchimura a remporté son troisième titre mondial par plus de trois points, un écart considérable dans un sport où les médailles sont l'affaire de centièmes ou de millièmes de point. Il a été si dominant que Philipp Boy, médaillé d'argent aux deux derniers Mondiaux, s'est plaint d'être né dans la mauvais époque.

«C'est le plus grand gymnaste de tous les temps. Il a cette facilité à faire des choses difficiles avec tellement d'aisance et faire comme si c'était tout ce qu'il y a de plus simple, a dit Horton, troisième des Mondiaux 2010. À moins qu'il ne commette une erreur majeure et que quelqu'un, comme moi par exemple, connaisse le tournoi de sa carrière, je ne crois pas qu'on pourra le vaincre.»

Uchimura est un gymnaste très différent de Yang, qui a dominé la gymnastique au cours de l'olympiade menant aux Jeux de Pékin. Les routines de Yang n'étaient pas les plus belles à voir, mais il les bourrait de tant de figures à haut degré de difficulté qu'il partait souvent deux ou trois points devant les autres. Uchimura allie ces routines difficiles à un superbe style.

Après les derniers Mondiaux, l'Allemand Fabian Hambuechen a dit d'Uchimura qu'il était dans une classe à part.

«(Uchimura) est un gymnaste parfait présentement. Je crois qu'il est meilleur que Yang, a déclaré celui qui a terminé derrière le Chinois aux Championnats du monde de 2007. Si Yang était toujours actif, il n'aurait aucune chance contre Kohei.»

Uchimura s'est mis à la gymnastique dès l'âge de trois ans, dans un gymnase que son père a construit dans la résidence familiale de Nagasaki.

À l'adolescence, Uchimura avait pour héros Naoya Tsukahara, fils de l'icône japonaise Mitsuo Tsukahara, quintuple médaillé olympique. À l'âge de 15 ans, Uchimura a quitté sa famille pour se rendre au gymnase de Tsukahara, à Tokyo, et s'inscrire à l'Université japonaise des sciences sportives, où son entraîneur était Yoshiaki Hatakeda, qui a pris part deux fois aux JO.

Il a fait ses débuts au sein de l'équipe nationale à la Coupe du monde de Paris, en 2007, remportant le bronze au cheval sautoir. Depuis 2005, il a remplacé le champion du monde Hiroyuki Tomita à titre de leader de la formation nippone. C'est Tomita qui a mené le Japon à l'or à Athènes et Uchimura sait que les attentes à son endroit pour les Jeux de Londres sont similaires.

«Il y a quatre ans, j'ai découvert à quel point les JO étaient importants et différents des autres épreuves, a raconté Uchimura. C'est une ambiance complètement différente. Le seul conseil que je peux donner à mes coéquipiers, c'est de tenter d'apprécier l'expérience.»

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