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La réouverture des routes de transit de l'Otan via le Pakistan se précise

21/05/2012 03:35 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

La perspective d'une réouverture prochaine par le Pakistan des routes de ravitaillement vers l'Afghanistan, réclamée par l'Otan, semblait se préciser lundi avec l'instruction donnée par le gouvernement pakistanais à ses négociateurs de conclure les discussions.

Le gouvernement pakistanais a donné instruction à ses négociateurs de conclure les discussions avec les Etats-Unis, a affirmé le président pakistanais Asif Ali Zardari devant les 50 chefs d'Etats et de gouvernement de l'Isaf rassemblés lors du sommet de l'Otan à Chicago, selon le texte de son discours obtenu par l'AFP.

Dans sa conférence de presse de clôture, le président américain Barack Obama, qui a brièvement rencontré dans la matinée son homologue pakistanais, a fait état de "progrès" dans les discussions.

L'Alliance atlantique a de son côté affirmé dans sa déclaration finale "travailler avec le Pakistan afin de réouvrir les lignes de communication terrestres dès que possible".

L'Otan souhaite voir les routes de ravitaillement rouvertes "aussi vite que possible", a confirmé son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen, qui a dit aux journalistes s'attendre à ce qu'elles le soient dans un "avenir très proche".

La fermeture des routes pakistanaises au ravitaillement de l'Otan n'a jusqu'à maintenant "pas eu d'impact majeur" sur les opérations en Afghanistan mais le retrait graduel des forces internationales d'ici la fin 2014 représente un "défi logistique" qui serait compliqué sans le droit de passage au Pakistan, a-t-il expliqué.

Cette question de la réouverture des routes pakistanaises aux convois de l'Otan, stratégique pour le désengagement graduel de l'Alliance atlantique d'Afghanistan, est dans l'impasse en raison du coût du péage exigé par le Pakistan, jugé "inacceptable" par les Etats-Unis.

Islamabad interdit le passage des convois routiers de l'Otan sur son territoire depuis six mois en représailles à la mort de 24 de ses soldats tués par erreur dans des frappes aériennes américaines contre un poste frontière pakistanais à Salala.

"L'incident de Salala a constitué un revers sérieux" et a "justifié de revoir notre engagement et notre coopération" avec l'Otan, a plaidé le président pakistanais, invité de dernière minute à Chicago. Dimanche, il a rencontré en marge du sommet de Chicago la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton pour tenter de trouver une solution.

En marge du sommet de l'Otan, M. Zardari s'est par ailleurs entretenu lundi avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a rappelé "l'importance de la coopération régionale et du rôle que devait y jouer le Pakistan".

L'un des principaux écueils dans les négociations sur les routes de ravitaillement est le prix du droit de passage exigé par le Pakistan qui s'élèverait, selon plusieurs médias américains, à 5.000 dollars par conteneur, soit 30 fois plus qu'avant la fermeture.

"Les Pakistanais veulent aboutir, mais ils doivent se décider entre eux. Ils ont avancé des prix qui sont bien trop élevés et ils doivent être un peu plus réalistes sur les coûts de transport", a expliqué à l'AFP un haut responsable américain sous le couvert de l'anonymat.

Les Etats-Unis sont prêts à payer plus qu'auparavant mais il n'est pas question pour eux d'augmentation exponentielle du droit de passage, a-t-il affirmé.

Washington verse plus de 2 milliards d'aide militaire chaque année à Islamabad, dont 300 millions destinés à financer la mobilisation de plus de 100.000 soldats pakistanais le long de la frontière avec l'Afghanistan.

bur-mra/lb

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