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Espionnage: des motifs militaires ont empêché le Canada de blâmer la Russie

21/05/2012 08:11 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Une série de notes internes laissent croire que le gouvernement de Stephen Harper s'est gardé, pour des raisons militaires et possiblement commerciales, de blâmer et d'humilier la Russie au lendemain d'une embarrassante affaire d'espionnage impliquant un jeune officier du renseignement.

Le cas du sous-lieutenant Jeffrey Paul Delisle, qui avait défrayé la manchette en janvier, est rapidement retombé dans l'oubli, partiellement en raison du silence imposé par la cour. Même un article publié au printemps dans le réputé Wall Street Journal n'avait pas plus réussi à faire bouger les choses.

Le journal new-yorkais a récemment rapporté, en citant des sources des services de renseignement américains, que les fuites reprochées à Delisle en matière de communications secrètes représentaient un volume pratiquement équivalent aux fameuses données perdues à WikiLeaks.

Le gouvernement conservateur est toutefois demeuré coi, et ce, même si l'affaire pouvait provoquer un froid avec Washington, d'après certains.

Plusieurs sources gouvernementales et militaires ont déclaré que les débats avaient été musclés dans les coulisses du pouvoir pour décider ou non de pointer du doigt l'ancien ennemi de la Guerre froide dans l'affaire Delisle, dont le procès a été ajourné jusqu'au 13 juin, son avocat attendant des documents certifiés sécuritaires.

Des sources ont aussi mentionné qu'une poignée de ministres, dont celui de la Défense nationale, Peter MacKay, avait plaidé en faveur d'une réponse nuancée et mesurée dans cette crise, qui a toujours le potentiel de créer de graves tensions entre pays alliés.

Le ministre de la Défense nationale avait affirmé en janvier que les accusations d'espionnage portées contre le militaire canadien, qui aurait transmis des informations à une «entité étrangère», ne nuiraient pas aux bonnes relations entre Ottawa et ses alliés.

Le sous-lieutenant Jeffrey Paul Delisle a été formellement accusé en vertu de la Loi sur la sécurité de l'information. Les faits qui lui sont reprochés se seraient produits sur une période de cinq ans, à partir de 2007.

C'est la première fois qu'on utilise devant un tribunal les dispositions de cette législation, adoptée dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

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