NOUVELLES

Diatribes contre le régime syrien aux funérailles d'un cheikh libanais tué

21/05/2012 12:22 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

Les funérailles d'un dignitaire sunnite sympathisant de la révolte syrienne tué par l'armée libanaise ont été transformées lundi en plate-forme pour des diatribes contre le régime de Bachar al-Assad.

"Le régime syrien ourdit un complot pour semer le chaos au Liban", a dénoncé Khaled el-Daher, député sunnite membre de l'opposition libanaise hostile au régime Assad.

"Il a perdu la capacité de déstabiliser la région et essaie de compenser cela (en déstabilisant) le Liban", a-t-il ajouté devant la foule participant aux obsèques au village d'El Biré (nord), où de nombreux hommes armés ont tiré en l'air en signe de colère.

Le cheikh libanais Ahmad Abdel Wahed, connu pour ses critiques à l'égard du régime syrien, et un autre cheikh qui l'accompagnait ont été tués dimanche dans le nord du Liban, une région secouée il y a plusieurs jours par des heurts meurtriers entre pro et anti-Assad.

"Le cheikh Abdel Wahed a payé le prix de son soutien à la révolte syrienne", a poursuivi M. Daher, accusant des "infiltrés dans l'armée libanaise" et des "agents des renseignements syriens" d'être derrière le meurtre.

"Son sang a rejoint celui de tous les martyrs de Syrie", a affirmé Ahmad Hariri, membre du mouvement du Futur mené par le chef de l'opposition Saad Hariri.

Le corps de la victime a été enveloppé du drapeau libanais, du drapeau de la révolte syrienne et de celui du mouvement du Futur.

Une enquête militaire est en cours pour déterminer les circonstances du meurtre dans le Akkar. Selon les services de sécurité, l'armée a ouvert le feu lorsque son convoi ne s'est pas arrêté à un barrage, une version contestée par des témoins.

"Ces tensions servent l'intérêt du régime syrien et du Hezbollah", le mouvement chiite libanais qui domine le gouvernement et soutient le régime Assad, a affirmé Ammar Houry, un député de l'opposition. "Le régime syrien veut envoyer un message pour dire qu'il est capable de semer le chaos et le gouvernement lui sert de paravent".

Un responsable du Hezbollah, Nabil Qaouk, a en revanche accusé l'opposition d'avoir "impliqué le Liban exprès dans la crise syrienne, en le transformant en passage et base pour les (rebelles) armés syriens".

La révolte en Syrie exacerbe les tensions au Liban, qui a connu 30 ans d'hégémonie syrienne et est divisé entre pro et anti-Assad. Deux personnes ont été tués lundi à Beyrouth dans des affrontements entre pro et anti-Assad.

rd/ram/tp

PLUS:afp