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21/05/2012 07:39 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

Bahreïn: appel devant l'ONU pour la libération des prisonniers politiques

Plusieurs pays ont demandé lundi au Bahreïn, devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, de libérer tous les prisonniers politiques, la France appelant à la libération du militant des droits de l'homme de renom Nabil Rajab, accusé de tweets contre le gouvernement.

Cet appel a été lancé alors que le Conseil des droits de l'homme procédait à l'Examen périodique universel de la situation des droits de l'homme au Bahreïn.

"La France déplore les arrestations arbitraires et la poursuite de procès à l'encontre de défenseurs des droits de l'Homme, de syndicalistes et de militants, pour le simple fait d'avoir exprimé leurs opinions", a déclaré son ambassadeur, appelant "l'attention des autorités sur le cas de M. Nabil Rajab, emprisonné et jugé pour +rassemblement illégal+ et +diffamation+".

Dimanche, un tribunal du Bahreïn a décidé de libérer M. Rajab sous caution dans cette affaire, mais il est demeuré derrière les barreaux pour interrogatoire concernant "sa participation et son appel à une manifestation illégale".

Lundi à Genève, l'ambassadeur français a demandé également "une solution humanitaire" pour "M. al-Khawaja, condamné à perpétuité dans le cadre du procès des 20 opposants politiques et en grève de la faim depuis plus de trois mois".

En juin 2011, un tribunal d'exception avait condamné M. Khawaja et 20 autres opposants, dont sept jugés par contumace, pour complot contre la monarchie.

Le représentant du Danemark a également souligné que "13 militants restent en prison pour avoir exercé leurs droits" à manifester de façon pacifique.

De son côté, le représentant américain a recommandé au Bahreïn de réviser les condamnations des personnes impliquées dans les évènements de 2011.

Plus généralement, de nombreux pays ont salué la création d'une commission d'enquête nationale indépendante sur les faits survenus en 2011 lors des violentes manifestations, tout en exhortant le gouvernement à mettre en oeuvre l'ensemble des recommandations du rapport publié par la commission.

Répondant à ces critiques, le ministre des Droits de l'homme du Bahreïn,  Salah Bin Ali Mohamed Abdulrahman, a qualifié les évènements de 2011 de "tristes".

Il a par ailleurs expliqué que l'adoption des recommandations du rapport de la commission d'enquête, qui le 23 novembre dernier a dénoncé un "usage excessif et injustifié de la force" de la part des autorités lors des troubles qui ont secoué ce petit Etat du Golfe en février/mars 2011, est "un travail qui prend du temps".

Concernant les prisonniers politiques, le ministre bahreïni a affirmé que "nous n'avons pas de prisonniers de conscience, nous n'avons pas de prisonniers qui sont détenus sur la base d'une liberté d'expression", tout en indiquant que les cas dont ont parlé plusieurs pays devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU font "l'objet d'une enquête".

lc-apo/aub

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