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20/05/2012 05:26 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

Un militant palestinien attend le verdict d'un tribunal militaire israélien

Un tribunal militaire israélien devait rendre dimanche son verdict concernant le militant palestinien Bassem Tamimi accusé d'être l'organisateur de manifestations en Cisjordanie occupée.

Arrêté le 24 mars 2011, M. Tamimi est accusé d'avoir organisé des manifestations illégales à Nabi Saleh contre l'extension de la colonie juive voisine de Halamish et encouragé à jeter des pierres sur des soldats israéliens.

Depuis l'ouverture de son procès en juin, il plaide non coupable de toutes les charges et a reçu l'appui de nombreux pays européens, d'Amnesty International et de militants israéliens des droits de l'Homme. En 2011, l'Union européenne l'a qualifié de "défenseur des droits de l'Homme".

M. Tamimi a été libéré sous caution le 24 avril pour pouvoir s'occuper de sa vieille mère souffrante. Mais durant son procès, il a été assigné à résidence à Ramallah tous les week-ends pour l'empêcher de participer aux manifestations à Nabi Saleh.

"Peu importe le verdict qui sera rendu, il sera injuste et ne fera que me conforter dans ma conviction que ce tribunal est l'un des fondements et l'une des institutions de l'occupation" israélienne des Territoires palestiniens, a-t-il déclaré à l'AFP.

"Ces lois procèdent d'un régime d'occupation dont je conteste la légitimité et je ne crois pas un instant que le verdict sera équitable", a-t-il ajouté, expliquant qu'à son arrestation, les hommes qui l'interrogeaient lui avaient dit qu'ils lui montreraient des photos l'incriminant mais ne l'ont jamais fait.

M. Tamimi est depuis deux ans l'animateur revendiqué des "manifestations pacifiques" hebdomadaires des villageois de Nabi Saleh contre l'extension de la colonie de Halamish.

Elles ont débuté fin 2009 après des années de bataille judiciaire contre des habitants de Halamish qui avaient saisi en 2001 des terres du village, a-t-il expliqué à la cour.

En dépit d'un jugement en faveur des Palestiniens, les colons avaient continué à les empêcher d'accéder à leurs terres et pris le contrôle d'une source à proximité.

Un vendredi fin 2009, des habitants palestiniens se sont dirigés vers ces terres pour les cultiver mais en ont été empêchés par les colons et des soldats. Depuis, ils tentent de s'y rendre chaque vendredi mais l'armée leur bloque l'accès arguant que ce genre de manifestation est illégale.

La quasi totalité des manifestations dans les territoires palestiniens sont considérées comme "illégales" par la loi militaire israélienne, qui stipule que tout rassemblement de plus de dix personnes doit être autorisé.

Selon l'Association for Civil Rights in Israel (ACRI), cette interdiction constitue "une violation claire des règles du Droit international régissant les territoires occupés".

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