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Serbie: Le nationaliste Tomislav Nikolic gagne les élections présidentielles

20/05/2012 05:36 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

BELGRADE, Serbie - Le candidat nationaliste Tomislav Nikolic a remporté dimanche les élections présidentielles en Serbie, une victoire qui risque d'aggraver les troubles politiques dans le pays des Balkans et de compromettre son adhésion à l'Union européenne (UE).

Selon le Centre pour des élections libres et la démocratie, un organisme indépendant serbe, M. Nikolic a récolté 49,4 pour cent des voix contre 47,4 pour cent pour le président sortant, Boris Tadic. Ce dernier, qui était donné gagnant par les sondages avant le scrutin, a concédé la défaite, souhaitant bonne chance à son rival.

Les résultats devraient être officiellement confirmés lundi.

Tomislav Nikolic doit nommer un premier ministre, une tâche qui pourrait s'avérer difficile en raison des dernières élections parlementaires. Même si sa formation politique, le Parti progressiste (SNS), a gagné le plus de sièges, celui de M. Tadic, le Parti démocrate, a conclu une entente de principe avec les socialistes qui pourrait leur assurer la majorité.

M. Nikolic, qui a déjà perdu deux élections présidentielles contre Boris Tadic, a déclaré que le vote du 6 mai avait donné lieu à de la fraude.

L'arrivée au pouvoir du SNS pourrait avoir un impact important sur le projet de la Serbie de devenir membre de l'UE, une étape majeure pour un pays qui a connu l'isolement sous le règne de Slobodan Milosevic dans les années 1990.

Cela pourrait également mettre fin à la réconciliation de la Serbie avec ses voisins et anciens ennemis, y compris son ex-province, le Kosovo. Cette dernière a déclaré son indépendance en 2008, indépendance que l'État serbe ne reconnaît toujours pas.

Ancien ultranationaliste et allié de Milosevic, Tomislav Nikolic a récemment soutenu qu'il n'était plus un farouche opposant à l'Occident et qu'il était maintenant en faveur de l'entrée de la Serbie au sein de l'UE. Plusieurs observateurs croient toutefois que ce changement n'était qu'un truc pour recueillir davantage de votes.

Le leader du SNS est très proche de la Russie et il a déjà affirmé par le passé qu'il voyait la Serbie comme une province russe. Mais dimanche, il a insisté sur le fait que son pays continuerait à s'ouvrir à l'Europe et qu'il devait se débarrasser de la pauvreté et de la corruption qui le minent.

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