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L'Otan joue l'unité sur l'Afghanistan malgré le retrait anticipé français

20/05/2012 07:48 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

Le sommet de l'Otan a affiché dimanche un message d'unité sur l'Afghanistan, malgré la décision française d'un retrait anticipé de ses troupes à la fin de l'année.

Le président américain Barack Obama, hôte du sommet qui se tient jusqu'à lundi dans sa ville de Chicago, a assuré que le monde soutenait la stratégie de sortie d'Afghanistan après plus d'une décennie de conflit.

"Nous sommes unis dans notre détermination à achever la mission" en Afghanistan, a-t-il déclaré. Dans la matinée, il s'était entretenu avec son homologue afghan Hamid Karzaï selon qui les Afghans ne veulent plus représenter "un fardeau" pour le reste du monde.

Les 28 alliés de l'Otan sont pressés d'en terminer avec un conflit impopulaire qui dure depuis plus de dix ans et coûte cher en hommes et en ressources.

Mais, à Chicago, leur priorité est d'affirmer qu'il "n'y aura pas de retrait précipité", comme l'a affirmé le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen. "Nous resterons engagés en Afghanistan jusqu'au succès de l'opération", a-t-il assuré.

Dans ce contexte de consensus affirmé, le nouveau président français, François Hollande, a été publiquement ménagé pour ses premiers pas sur la scène internationale.

Il a pu justifier, au cours de plusieurs entretiens bilatéraux, sa décision de rapatrier en France la majeure partie des troupes combattantes avant la fin de l'année tout en restant engagé "d'une façon différente" dans l'opération de l'Otan.

"Notre position sur l'Afghanistan a été détaillé, préparée, il n'y a eu aucune surprise", a-t-on assuré de source diplomatique française, "c'est une décision souveraine, même si, en même temps, ses conditions seront déterminées en accord avec nos alliés".

M. Hollande avait l'intention de préciser au cours du sommet les "modalités" des actions de formation de la police et de l'armée afghane auxquelles la France s'est engagée dans le traité signé début 2012 entre le président afghan Hamid Karzaï et son prédécesseur Nicolas Sarkozy.

"Une fois que la transition sera achevée d'ici la fin 2014, notre mission de combat cessera mais nous n'allons pas tourner le dos" à l'Afghanistan, a assuré avec force M. Rasmussen lors d'une conférence de presse à la fin d'une première session de travail qui devait être suivie d'un dîner.

D'ici là, l'Otan prévoit de transférer la responsabilité des opérations de sécurité aux forces afghanes en 2013 et de passer jusqu'à la fin 2014 à des missions de soutien à l'armée afghane.

Réunis dans un immense palais des congrès ultra-protégé, les dirigeants de l'Otan ont par ailleurs officialisé dimanche la première phase du bouclier antimissile destiné à protéger l'Europe des tirs de missiles en provenance du Moyen-Orient, en particulier d'Iran.

Basé sur une technologie américaine, il est fortement critiqué par la Russie, qui y voit une menace à sa sécurité, ce que récuse l'Otan.

Commandé à partir de la base de Ramstein (Allemagne), le bouclier sera composé d'un radar ultra-puissant installé dans l'Anatolie turque, de missiles SM-3 déployés sur des frégates Aegis postées en Méditerranée et d'intercepteurs implantés en Pologne et en Roumanie.

Les pays membres ont également adopté une vingtaine de projets de coopération dans le cadre d'un programme surnommé "Défense intelligente" ("Smart defense"), lancé pour réduire l'impact des baisses de dépenses militaires, particulièrement en Europe.

Pendant ce temps, plusieurs milliers de militants ont défilé dans le centre de Chicago pour réclamer l'arrêt des guerres "destructrices et coûteuses".

Des échauffourées ont éclaté en fin de journée et la police anti-émeutes a interpellé plusieurs manifestants.

D'importantes forces de l'ordre ont été mobilisées pour éviter les débordements susceptible de ternir le bilan du sommet, ainsi que l'image du président Obama, en pleine campagne pour sa réélection en novembre.

lb-jri/mra

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