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Lockerbie: la mort de Megrahi, fin d'un épisode "malheureux" pour Washington

20/05/2012 03:56 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

La mort d'Abdelbaset al-Megrahi, seul condamné pour l'attentat de Lockerbie en 1988 en Ecosse a été accueillie avec joie par les proches des victimes, Washington jugeant pour sa part qu'elle mettait fin à un épisode "malheureux" après sa libération d'une prison écossaise en 2009.

Le porte-parole du conseiller du président américain pour la Sécurité nationale, Tommy Vietor, a dit que Washington comptait à présent continuer à oeuvrer pour obtenir justice pour toutes les victimes de l'attentat.

"La mort de Megrahi met fin à un chapitre malheureux suite à sa libération de prison en 2009 pour des raisons médicales --une décision à laquelle nous étions résolument opposés", a déclaré M. Vietor en marge du sommet de l'Otan.

Le Premier ministre britannique David Cameron a de son côté appelé à "se souvenir" des victimes de Lockerbie, en marge du même sommet à Chicago.

L'explosion d'un Boeing 747 de la Pan Am au-dessus de Lockerbie en Ecosse, avait fait 270 morts, dont 189 Américains.

Le Premier ministre écossais Alex Salmond a pour sa part estimé que la mort d'Abdelbaset al-Megrahi constituait "la fin d'un chapitre" de cette affaire mais ne refermait "pas le dossier", rappelant qu'une enquête était toujours en cours.

Il est aussi revenu sur la controverse suscitée par la décision de la justice écossaise de libérer le Libyen en 2009 pour des raisons médicales. "Sa mort met un terme à certaines théories du complot suggérant que cette maladie avait été en quelque sorte fabriquée", a-t-il dit.

Les autorités britanniques avaient notamment dû à l'époque démentir que la libération d'Abdelbaset al-Megrahi, condamné en 2001 à la réclusion criminelle à perpétuité pour son implication dans l'attentat, ait été motivée par des intérêts pétroliers.

Chez les proches des victimes, beaucoup défendent encore aujourd'hui cette idée. Bert Ammerman, dont le frère Tommy, 36 ans, est mort dans l'attentat, s'est ainsi dit "heureux et soulagé" sur la chaîne Fox News.

"Quand il a été libéré, ça a été le moment où j'ai été le plus énervé tout au long de cette saga de 24 ans", a souligné M. Ammerman. "C'était un acte méprisable. (...) Quand il a été libéré en 2009, ça a été une trahison de notre gouvernement et du gouvernement britannique pour du pétrole et des gros sous", a-t-il poursuivi.

"Il méritait de mourir", a jugé pour sa part sur la chaîne CNN Susan Cohen, dont la fille Theodora est morte dans l'attentat. "Il a été l'auteur d'une tuerie. Je n'ai aucune pitié pour lui. Il est mort avec sa famille autour de lui, ma fille, à 20 ans, est morte dans des circonstances brutales et horribles", a-t-elle ajouté.

"Il était temps" qu'il meure, a pour sa part déclaré sur CNN Barbara Zwynenburg, qui a perdu son fils Mark, 29 ans, dans l'attentat. "Il était censé être très malade et sur le point de mourir", a souligné Mme Zwynenburg, faisant référence à sa libération en 2009: "Il est rentré chez lui auprès de sa famille, notre fils n'est jamais revenu".

Seul le Britannique Jim Swire, qui s'est toujours dit convaincu de l'innocence d'Abdelbaset al-Megrahi dans l'attentat qui a coûté la vie à sa fille Flora s'est déclaré dimanche attristé par sa mort.

"A partir de maintenant, peut-être qu'on va pouvoir s'efforcer de trouver qui a tué ma fille et tous ces gens", a déclaré M. Swire, membre du groupe "Justice pour Megrahi".

bur-mdm/ff

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