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Liban: un cheikh sunnite tué par des tirs de l'armée (sécurité)

20/05/2012 07:09 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

Un dignitaire religieux sunnite libanais a été tué par des tirs de l'armée lorsque son convoi ne s'est pas arrêté à un barrage militaire dans une localité du nord du Liban, a affirmé à l'AFP un responsable des services de sécurité.

Une personne qui se trouvait dans la voiture du cheikh a également été tuée.

Cet incident a provoqué une tension parmi les habitants après une semaine de heurts intermittents à Tripoli, la grande ville du Nord, entre sunnites hostiles au régime syrien et alaouites partisans du pouvoir à Damas qui ont fait 10 morts.

Le cheikh Ahmad Abdel Wahed, connu pour ses critiques à l'égard du régime syrien et son soutien à la révolte syrienne, a été tué par des tirs de l'armée lorsque son convoi ne s'est pas arrêté à un barrage dans la localité de Koueikhat, dans la région du Akkar (nord).

Dans un communiqué, l'armée a "déploré (...) le regrettable incident qui s'est produit près d'un barrage (...) et a ouvert immédiatement une enquête", sans en expliciter les circonstances.

Des habitants ont coupé des routes dans la zone en signe de protestation.

"Nous ne permettrons pas que nous soyions visés ainsi", a prévenu Khaled el-Daher, un député sunnite membre de l'opposition libanaise hostile à Damas, accusant l'armée d'avoir "visé" le dignitaire.

Au moment des faits, le cheikh se dirigeait vers la localité de Halba où il devait prononcer un discours à l'occasion d'une cérémonie organisée par l'opposition.

Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, a ordonné l'ouverture d'une enquête et appelé au calme. Lors des affrontements de Tripoli, M. Mikati a exprimé ses craintes concernant la possibilité d'un débordement au Liban de la crise en Syrie, à majorité sunnite mais dirigée par un clan alaouite.

La révolte en Syrie exacerbe les tensions au Liban, qui a connu 30 ans d'hégémonie syrienne et est divisé entre adversaires et partisans du régime du président Bachar al-Assad.

Dans les milieux sunnites, des voix se sont élevées pour accuser l'armée libanaise de faire le jeu du régime syrien.

oi-ram/sbh

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