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Les Serbes ont voté pour élire leur nouveau président

20/05/2012 02:26 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

Les Serbes ont voté dimanche au deuxième tour de la présidentielle, avec pour enjeu l'accélération du rapprochement avec l'Union européenne, le président sortant, le pro-européen Boris Tadic, faisant figure de favori face au nationaliste populiste Tomislav Nikolic.

Plus de 6,7 millions d'électeurs ont été appelés à choisir celui qui aura également pour mission de sortir le pays du marasme économique.

Ouverts à 05H00 GMT, la majorité des bureaux de vote ont fermé à 18H00 GMT, un petit nombre, comme l'autorise la loi, restant encore ouverts pour permettre aux électeurs présents à voter.

Une heure avant la fin du vote, le taux de participation était de 41,5%, sensiblement inférieur à celui enregistré lors du premier tour il y a deux semaines, a indiqué CESID, un organisme indépendant qui surveille le scrutin.

Les premiers résultats non officiels sont attendus dans la soirée.

Avant le scrutin, un dernier sondage créditait M. Tadic de 58% de voix contre 42% pour M. Nikolic.

"Ce n'est pas le moment de prendre le moindre risque. J'ai toujours été favorable au changement, mais par le passé, il s'agissait de nous conduire à la paix alors que nous vivions des temps de guerre", a dit Slavimir Stosic après avoir voté à Belgrade.

"Aujourd'hui un changement signifierait prendre des risques, car personne ne sait de quoi Nikolic est capable", a poursuivi cet électricien quinquagénaire.

Pro-européen fervent, M. Tadic, 54 ans --qui a conduit la Serbie, isolée politiquement et économiquement dans les années 1990, au seuil de l'UE-- a qualifié le vote de "référendum pour l'Union européenne".

Après avoir voté, il a appelé ses compatriotes à remplir leur devoir électoral "en grand nombre" afin de "confirmer une fois de plus le caractère démocratique de notre société". Il s'est dit "optimiste" quant à sa réélection.

Au pouvoir depuis huit ans, M. Tadic prône une accélération du rapprochement avec l'UE et assure être en mesure d'achever le processus des négociations d'adhésion durant son nouveau mandat.

La Serbie s'est vu octroyer en mars le statut de candidat à l'intégration dans l'UE et attend d'obtenir une date pour le début des négociations.

M. Nikolic, 60 ans, un populiste reconverti en pro-européen après avoir longtemps contesté une telle option pour son pays, a misé notamment sur le mécontentement grandissant de la population en raison de la mauvaise situation économique en Serbie, où le chômage touche 24% de la population.

Jadis allié à l'ex-homme fort de Serbie, Slobodan Milosevic, il s'est dit confiant dans sa victoire.

Son alliance avant le deuxième tour avec un parti résolument hostile à l'UE, a été utilisée par ses opposants qui ont mis en doute le sérieux de son engagement en faveur de l'adhésion au bloc des 27.

La campagne électorale a été marquée par des accusations de fraude lors des élections générales du 6 mai, émanant du camp de M. Nikolic à l'adresse de M. Tadic, allégations balayées par une enquête du parquet et par les constats des observateurs internationaux ayant surveillé le scrutin.

La question de l'indépendance du Kosovo, proclamée en 2008, et que Belgrade refuse de reconnaître, jadis sujet central durant les campagnes électorales, a été reléguée au second plan.

Au Kosovo, l'élection présidentielle a été organisée par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

S'il était élu, M. Tadic remporterait sa troisième victoire consécutive à la présidentielle, face à M. Nikolic.

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