NOUVELLES

Les avocats du vice-président irakien Hachémi claquent la porte du tribunal

20/05/2012 06:13 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

Les avocats du vice-président irakien Tarek al-Hachémi, jugé par contumace à Bagdad pour avoir fomenté des meurtres, ont annoncé dimanche leur retrait du procès pour protester contre le rejet de leurs requêtes par une commission, tandis que la cour a entendu des témoins à charge.

"Nous avons décidé de nous retirer du procès étant donné que la commission d'appel n'a pas examiné les requêtes que nous lui avions présentées", a déclaré le responsable de l'équipe légale de défense, Mouayyed al-Ezzi, à la presse. Les avocats se sont ensuite retirés.

La Cour centrale criminelle d'Irak, qui tenait sa quatrième session consacrée au dossier Hachémi, a nommé deux autres avocats pour les remplacer.

Le vice-président avait indiqué dans un communiqué jeudi qu'il envisageait le retrait de ses avocats en raison de "violations du droit", notamment le refus de transférer son dossier devant une autre cour et l'interdiction qui leur a été faite de rencontrer individuellement les co-accusés ou les témoins.

La prochaine audience a été fixée au 31 mai.

Des témoins ont comparu dimanche à la barre, affirmant avoir subi des pressions et s'être vu offrir de l'argent par M. Hachémi pour commettre des attentats contre des militaires et des policiers.

"Hachémi m'a offert une aide financière pour que je procède à des opérations armées", a déclaré Khidhr Ibrahim al-Mashhadani, un chef de tribu du nord de Bagdad, qui a précisé avoir été rétribué 12.500 dollars par mois pour cela. "Les opérations ne visaient que les forces de l'ordre", a-t-il ajouté.

Un autre témoin, Raad Ismail Ibrahim al-Janabi, a rapporté une conversation avec le vice-président: "Hachémi m'a dit: +Je veux que tu mènes des opérations spéciales. Le pays a besoin de toi, tu mèneras des opérations militaires contre des insurgés et si tu n'exécutes pas les ordres, il y aura des punitions", a-t-il dit.

Janabi, qui était l'un des gardes du corps du vice-président, a indiqué avoir dissimulé des bombes en bord de route afin de viser des convois gouvernementaux.

M. Hachémi se trouve aux dernières nouvelles en Turquie, pays qui refuse de l'extrader vers l'Irak, en dépit d'une demande d'arrestation internationale pour avoir "financé des attaques terroristes" dans son pays diffusée par Interpol.

Lui et certains membres de sa garde rapprochée sont poursuivis pour 150 chefs d'inculpation, notamment le meurtre de six juges et de plusieurs hauts responsables, dont le directeur général du ministère de la sécurité nationale.

Ils dénoncent depuis des mois une procédure à des fins purement politiques, s'inscrivant dans le conflit qui oppose depuis décembre leur famille politique, le bloc Iraqiya, au Premier ministre, le chiite Nouri al-Maliki, qu'ils accusent d'autoritarisme.

Le cas de M. Hachémi est depuis plusieurs semaines au coeur d'une crise diplomatique entre l'Irak et la Turquie.

bur-ahe/hj

PLUS:afp