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Le ravitaillement de l'Otan via le Pakistan bute sur la question du prix

20/05/2012 11:55 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

La question de la réouverture des routes pakistanaises aux convois de l'Otan, stratégique pour le désengagement graduel de l'Alliance atlantique d'Afghanistan, piétinait dimanche sur la question du péage exigé par le Pakistan, jugé "inacceptable" par les Etats-Unis.

Le droit de passage en territoire pakistanais, interdit depuis six mois par Islamabad en représailles à la mort de 24 de ses soldats tués par erreur dans des frappes aériennes américaines, est crucial pour l'Otan qui se prépare à une longue et coûteuse opération logistique pour retirer ses 130.000 hommes et leur matériel d'Afghanistan d'ici la fin 2014.

En début de semaine, les perspectives d'une réouverture rapide de ces routes semblaient s'éclaircir, après six mois mois de blocage.

Le Pakistan a même autorisé vendredi un premier convoi destiné à l'ambassade américaine à Kaboul à entrer en Afghanistan depuis son territoire.

Mais le ciel s'était assombri samedi, à la veille de l'ouverture du sommet de l'Otan: une rencontre prévue à Chicago entre le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, et le président pakistanais, Asif Ali Zardari, a été annulée à la dernière minute, officiellement en raison de l'arrivée tardive de ce dernier.

Selon un haut responsable américain, l'accord "pourrait ne pas intervenir" au cours du sommet. L'un des points d'accrochage est le prix du droit de passage exigé par conteneur sur les routes de ravitaillement".

De "plusieurs milliers de dollars par conteneur", le prix est "en un mot inacceptable", selon ce haut responsable s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Plusieurs médias américains ont avancé le chiffre de 5.000 dollars par conteneur, soit 30 fois qu'avant la fermeture des routes de ravitaillement.

L'impasse serait due à une certaine confusion au sein des autorités pakistanaises, fréquemment tiraillées entre le gouvernement civil et les puissants responsables de l'armée.

"Le gouvernement pakistanais doit trouver une proposition cohérente à mettre sur la table", a plaidé le haut responsable américain.

Pour tenter de débloquer la situation, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et le président pakistanais se sont rencontrés en marge du sommet de l'Otan, sans que l'on sache si cela avait permis des avancées.

En 2011, avant la fermeture des routes de ravitaillement, les Etats-Unis avaient convoyé 35.000 conteneurs en Afghanistan.

L'Otan dispose également d'un autre réseau logistique pour acheminer son matériel en Afghanistan via la Russie et les pays d'Asie centrale mais les coûts sont 2,5 fois plus importants qu'ils ne l'étaient par la voie pakistanaise.

La réouverture des routes pakistanaises reste donc essentielle pour l'Otan alors que 23.000 soldats des 90.000 militaires américains doivent avoir quitté l'Afghanistan à la fin de l'été, sans compter l'intégralité des troupes combattantes françaises d'ici la fin de l'année.

"J'espère que les négociations se conclueront de manière positive afin de pouvoir rouvrir les routes de ravitaillement très prochainement", a déclaré dimanche à la presse M. Rasmussen avant le début du sommet.

Pour le Pakistan, fréquemment accusé de double jeu en Afghanistan par les Occidentaux, les droits de passage perçus sur les convois de l'Otan constituent une ressource d'autant plus importante qu'après 2014, l'attention de la communauté internationale risque de se détourner de la région.

Les Etats-Unis versent plus de 2 milliards d'aide militaire chaque année à Islamabad, dont 300 millions destinés à financer la mobilisation de plus de 100.000 soldats pakistanais le long de la frontière avec l'Afghanistan.

mra-ddl/lb

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