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Le militant palestinien Bassem Tamimi condamné mais partiellement acquitté

20/05/2012 03:03 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

Le militant palestinien Bassem Tamimi, animateur de la lutte anticolonisation, a été reconnu coupable dimanche d'avoir organisé des manifestations illégales mais acquitté de charges plus graves par la justice militaire israélienne.

"J'ai décidé de vous inculper pour avoir envoyé des gens lancer des pierres et pour avoir tenu une marche non autorisée", a expliqué à M. Tamimi le juge du tribunal militaire, le commandant Eti Ador, qui a rendu son verdict à la prison d'Ofer, près de Ramallah (Cisjordanie).

En revanche, le juge militaire a acquitté le militant palestinien des "faits d'incitation (à la violence) et d'entrave à la justice", des charges passibles de peines plus lourdes.

La peine doit être débattue à partir du 24 mai.

Le cas de Bassem Tamimi, figure centrale de la "résistance populaire" palestinienne en Cisjordanie, a attiré l'attention de la communauté internationale, notamment de l'Union européenne (UE). En 2011, l'UE l'a déclaré "défenseur des droits de l'Homme".

Après l'audience, Bassem Tamimi, qui est en liberté sous caution, a déclaré à l'AFP que "cette cour (militaire), l'occupation (israélienne) et la justice sont des voies parallèles qui ne se croiseront jamais".

Un des animateurs de son comité de défense, le militant anticolonisation israélien Jonathan Pollak, a souligné que les deux chefs d'inculpation pour lesquels il a été condamné étaient moindres que ceux qui ont été écartés par le juge.

"Après avoir passé 13 mois en prison il ne pouvait pas ne pas être inculpé dans une telle affaire de premier plan. Il fallait bien qu'ils fassent quelque chose", a indiqué M. Pollak à l'AFP.

"Mais qu'il ait été partiellement blanchi par une cour militaire qui a un taux de condamnation de 99,74% tient du miracle", a-t-il estimé.

Organisateur revendiqué des "manifestations pacifiques" depuis deux ans des villageois de Nabi Saleh contre l'extension d'une colonie juive voisine, Bassem Tamimi avait plaidé dès l'ouverture de son procès en juin non coupable de toutes les charges, notamment d'incitation à des jets de pierres contre les soldats israéliens.

Arrêté le 24 mars 2011, il a été jugé sur la foi d'aveux d'un mineur de 15 ans.

M. Tamimi a été libéré sous caution le 24 avril pour pouvoir s'occuper de sa mère souffrante. Mais durant son procès, il a été assigné à résidence à Ramallah tous les week-ends pour l'empêcher de participer aux manifestations hebdomadaires à Nabi Saleh.

"Peu importe le verdict qui sera rendu, il sera injuste et ne fera que me conforter dans ma conviction que ce tribunal est l'un des fondements et l'une des institutions de l'occupation" israélienne des Territoires palestiniens, a-t-il déclaré à l'AFP avant le verdict.

"Ces lois procèdent d'un régime d'occupation dont je conteste la légitimité et je ne crois pas un instant que le verdict sera équitable", a-t-il ajouté.

La quasi totalité des manifestations dans les Territoires palestiniens sont considérées comme "illégales" par la loi militaire israélienne, qui dispose que tout rassemblement de plus de dix personnes doit être autorisé.

Selon l'Association pour les droits civiques en Israël (ACRI), cette interdiction constitue "une violation claire des règles du droit international régissant les Territoires occupés".

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