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Israël marque le "Jour de Jérusalem", 45 ans après la guerre des Six Jours

20/05/2012 03:29 EDT | Actualisé 19/07/2012 05:12 EDT

Des dizaines de milliers d'Israéliens, la plupart très jeunes, ont participé dimanche à la "marche de Jérusalem", dans une atmosphère de ferveur sioniste, pour célébrer la "réunification" de la Ville Sainte 45 ans après la conquête et l'annexion de sa partie orientale.

La marche annuelle, surnommée "marche des Drapeaux", est le point d'orgue des festivités du "Jour de Jérusalem", qui marquent la conquête de Jérusalem-Est par Israël à l'issue de la guerre israélo-arabe des Six Jours.

La manifestation, théâtre de frictions entre jeunes Israéliens, venus de tout le pays, et Palestiniens de Jérusalem-Est, a démarré en fin d'après-midi près de la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Elle s'est achevée dans la soirée au mur des Lamentations, le lieu le plus saint du judaïsme, dans la Vieille ville.

La marche a rassemblé 30.000 participants sous la protection de plusieurs centaines de policiers, selon la police.

Plusieurs altercations ont émaillé le défilé, qui a traversé en partie des quartiers arabes de la Ville sainte.

Une quinzaine de personnes ont été arrêtées: dix Palestiniens pour avoir tenté d'attaquer les marcheurs et cinq Israéliens pour violences et slogans racistes, a précisé Mme Samri.

Plusieurs centaines de manifestants israéliens et de Palestiniens se sont invectivés au pied des remparts de Soliman le Magnifique, près de la porte de Damas, les premiers scandant "Mort aux Arabes" et les seconds "Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand"), a constaté un correspondant de l'AFP.

Dans le quartier arabe de la Vieille ville, de nombreux commerçants avaient baissé le rideau de leurs échoppes pour la journée, de crainte de débordements.

"Ils veulent nous provoquer mais que peuvent-ils faire ? Nous sommes là et nous allons rester", a assuré un commerçant palestinien à l'AFP.

Israël considère Jérusalem comme sa "capitale éternelle et indivisible", une décision que la communauté internationale n'a jamais reconnue. Les Palestiniens pour leur part veulent établir à Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

"Israël sans Jérusalem est comme un corps sans coeur", a affirmé Benjamin Netanyahu lors d'une cérémonie à la "Colline des munitions", haut lieu de la guerre des Six Jours à Jérusalem.

"Sur cette colline, il y a 45 ans, le coeur unifié de notre peuple s'est remis à battre de toutes ses forces. Et notre coeur ne sera plus jamais divisé", a-t-il promis.

Les festivités du "Jour de Jérusalem" ont été dénoncées par les dirigeants palestiniens, notamment par le négociateur Saëb Erakat.

"Le gouvernement israélien permet à des milliers d'extrémistes et de zélotes de marcher à travers la Ville occupée et menacer les civils palestiniens, tout en interdisant aux Palestiniens l'accès aux hôpitaux, aux écoles, aux centres commerciaux, aux églises et aux mosquées de Jérusalem", a-t-il protesté dans un communiqué.

"A l'évidence, cette attitude trahit une mentalité de colonisateur plutôt que celle d'un prétendu partenaire pour la paix", a accusé M. Erakat.

Dans son rapport annuel sur la situation à Jérusalem, publié au début de l'année, l'Union européenne a accusé Israël de "miner systématiquement la présence palestinienne dans la ville par le biais de l'expansion continue des colonies".

Selon des statistiques officielles publiées dimanche, Jérusalem comptait fin 2011 quelque 801.000 habitants, dont 497.000 juifs (62%) et 281.000 musulmans (35%). Quelque 14.000 (2%) sont des chrétiens.

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