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Festival de Cannes: l'art sert de prétexte à l'industrie pour mousser ses ventes

20/05/2012 04:18 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

CANNES, France - Le marché du cinéma atteint son apogée ces jours-ci à Cannes, mais la croisette aura droit cette année à son propre film.

Le cinéaste James Toback et l'acteur Alec Baldwin ont arpenté la célèbre promenade pour tourner un documentaire sur les coulisses du festival cannois. Si les caméras du monde entier se braquent sur une dizaine de films très attendus, la vaste majorité de l'industrie du cinéma ficelle des ententes à l'abri des regards, dans des halls d'hôtels ou lors de soirées bien arrosées.

M. Toback, à qui l'on doit notamment «Mélodie pour un tueur» et «Tyson», a fait équipe avec M. Baldwin pour documenter ces tractations de ventes de films à Cannes, que le duo a baptisé «Seduced and Abandoned».

«Nous voulions faire un documentaire donnant un aperçu de la façon de faire dans l'industrie du cinéma aujourd'hui, a indiqué M. Baldwin. Ce genre de festivals et de marchés constituent d'excellentes occasions pour ce type d'affaires et celui-là, c'est le plus connu d'entre tous», a-t-il ajouté, en référence au festival de Cannes.

Le marché du cinéma de Cannes est le plus important en son genre à travers le monde, donnant lieu à des rencontres où les compagnies de production tentent de vendre leur film, les distributeurs se mettent à la recherche de projets aventureux et les exploitants, de projections pour leurs salles.

«C'est la rencontre de deux cultures uniques, celles du commerce et de l'art. Et elles se croisent dans les rues de Cannes», a déclaré le président-directeur général de DreamWorks Animation, Jeffrey Katzenberg.

DreamWorks a par ailleurs profité à plusieurs reprises de la tribune de Cannes pour vendre ses films à succès, mettant de l'avant cette année «Madagascar 3: Europe's Most Wanted» ainsi que «Rise of the Guardians».

M. Katzenberg a également souligné que le festival était une excellente occasion d'élargir son réseau de contacts. Partisan de longue date du 3D, le pdg affirme que plusieurs discussions sur le développement de la technologie du cinéma ont lieu à Cannes.

«Vous entendez des choses auxquelles vous commencez à prêter l'oreille», a déclaré M. Katzenberg.

Mais nul n'aura fait autant de remous cette année que le producteur Harvey Weinstein, qui avait acheté l'an dernier le film «The Artist» - par la suite couronné aux Oscars. Outre le fait d'avoir deux de ses films en compétition officielle à Cannes - «Killing them Softly» et «Lawless» -, la Weinstein Co. a fait acquisition d'une comédie musicale australienne («The Sapphires»), d'un film sur le chef cuisinier de François Mitterand («Haute Cuisine»), d'un documentaire sur la montée de l'insurrection en Libye («The Oath of Tobruk»), et d'un film relatant le raid menant à la mort d'Oussama Ben Laden («Code Name: Geronimo»).

Certains s'attendent d'ailleurs à ce que la sortie en salles du film sur Ben Laden coïncide avec la présidentielle américaine, en novembre, ce qui redorerait à coup sûr le blason de Barack Obama, qui sera candidat à sa réélection.

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