NOUVELLES

Afrique du Sud: l'enrichissement suspect de Malema démontré dans un audit (presse)

20/05/2012 08:57 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

Un audit des comptes du jeune tribun du Congrès national africain (ANC), Julius Malema, récemment exclu du parti, montre comment il s'est enrichi sur le dos de sa province natale, le Limpopo, dans le nord de l'Afrique du Sud, a rapporté dimanche le Sunday Times.

M. Malema, 31 ans, a notamment profité d'un contrat public attribué dans des conditions douteuses à une société dans laquelle il a des parts et chargée de gérer le marché de la réfection des routes, écrit le journal, citant l'audit du cabinet PricewaterhouseCoopers.

Selon l'audit, il apparaît clairement que des sociétés ont versé de l'argent sur le fonds familial, le Ratanang Family Trust, dont Julius Malema se servait comme d'une tirelire, retirant d'importantes sommes en espèces et y puisant l'argent nécessaire à l'acquisition d'une propriété agricole en 2011.

Le document, écrit le Sunday Times, précise qu'en juillet 2011, le jeune politicien s'est inquiété de l'intérêt croissant de la presse pour ses affaires et a mis la ferme, achetée pour près de 4 millions de Rands (375.000 euros environ), au nom de la société d'un ami.

Le rapport de PricewaterhouseCoopers est destiné au Trésor public sud-africain.

En 2011, la journaliste irlandaise Fiona Forde suggérait dans un livre que Malema avait fait un modèle de république bananière de sa province natale, tandis que la police et l'autorité anti-corruption ont ouvert des enquêtes.

La province du Limpopo, dont les autorités sont un soutien essentiel du jeune leader en disgrâce, a été placée avant Noël sous contrôle presque total de l'Etat (trésor public, éducation, transports, routes, santé et travaux publics), en raison de l'état de sa gestion financière et de fraudes présumées.

Président de la Ligue de jeunesse de l'ANC depuis 2008, "Juju" a été exclu du parti au pouvoir fin avril au terme d'une procédure disciplinaire.

Porte-voix des Noirs les plus pauvres, il devenait de plus en plus gênant pour le parti avec ses attaques contre le président Jacob Zuma et ses appels à la nationalisation des mines ou à l'expropriation des fermiers blancs, contraires à la ligne du parti.

Sa seule chance de survie désormais est que ceux qui le jugent utile tentent de le réhabiliter lors du congrès de décembre, dans un contexte d'intenses rivalités personnelles et idéologiques au sein de l'ANC.

clr/aub

PLUS:afp