La 26e manifestation nocturne donne lieu à 69 arrestations

Publication: Mis à jour:
Aux coins des rues Ontario et St-Denis, le soir du 19 mai 2012. (AP)
Aux coins des rues Ontario et St-Denis, le soir du 19 mai 2012. (AP)

La 26e manifestation en autant de soirs au centre-ville de Montréal, à laquelle ont participé des milliers de personnes, a été perturbée par des casseurs, avant de se conclure par une émeute, samedi soir.

Après des ordres de dispersion donnés par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), peu après 23 h, la situation a dégénéré. Des groupes de manifestants ont allumé des incendies, dont un assez impressionnant au coin des rues Saint-Denis et Ontario. Des pompiers ont été appelés sur les lieux, mais ont mis du temps à intervenir, en raison de la volatilité de la situation. Ils ont finalement réussi à reprendre le contrôle après 1 h du matin.

Le SPVM a été appuyé par l'escouade tactique de la Sûreté du Québec (SQ) dans son intervention. Les forces de l'ordre ont procédé à 69 arrestations, notamment pour agressions armées, voies de fait sur des policiers et incendie criminel. La majorité des personnes appréhendées ont été remises en liberté avec des constats d'infraction.

DES IMAGES QUI EN DISENT LONG...

Close
26e manifestation nocturne - 19 mai 2012
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Intervention policière... au milieu des pichets

Les policiers sont même intervenus sur les terrasses, selon le propriétaire du bar Le Saint-Bock, rue Saint-Denis, interrogé par Radio-Canada. Il a raconté que les policiers étaient intervenus directement dans son établissement, utilisant même des gaz lacrymogènes pour déloger des clients de sa terrasse, dont plusieurs sont partis dans l'urgence, sans payer. Il a affirmé que des serveuses, incommodées par les gaz, devraient probablement quitter le travail. Il a expliqué qu'il consulterait ses avocats pour déterminer la suite des chose.

Une centaine de casseurs

En entrevue à RDI, le porte-parole du SPVM, a attribué les gestes illégaux à un « noyau dur » d'une centaine de casseurs. Il a estimé que ces personnes nuisaient aux manifestants pacifiques et à leur message.

M. Lafrenière a aussi précisé que l'aide de la SQ avait permis à un certain nombre de policiers du SPVM de se reposer, après de nombreuses soirées consécutives de travail.

La marche qui a précédé, déclarée illégale environ une demi-heure après avoir débuté, mais tout de même tolérée, a été généralement pacifique. Les manifestants ont emprunté des rues plus étroites qu'à l'habitude, un comportement nouveau selon le journaliste de Radio-Canada Louis-Philippe Ouimet.

Plusieurs gestes illégaux de certains manifestants ont donné lieu à des interventions policières, à l'aide notamment de gaz lacrymogènes, près du campus de l'Université McGill, d'abord, à l'intersection du boulevard Saint-Laurent et de la rue Ontario, ensuite, et enfin au parc Émilie-Gamelin, près de l'Université du Québec à Montréal.

Des projectiles, dont des irritants chimiques et des bouteilles de bière, ont été lancés en direction des policiers. Des pare-brise de voitures de police ont été fracassés.

Le SPVM a indiqué que des personnes en tête de la manifestation avaient consommé de l'alcool et refusé d'enlever leur masque. En outre, la police a affirmé ne pas avoir reçu l'itinéraire de la marche à l'avance.

Le départ avait été donné, comme c'est maintenant la coutume, du parc Émilie-Gamelin. Des manifestants masqués, avertis par la police, avaient d'abord accepté de se découvrir le visage.

Ce rassemblement fait suite à l'adoption, vendredi soir, d'une loi spéciale obligeant notamment les organisateurs de toute manifestation de 50 personnes ou plus à dévoiler leur itinéraire aux policiers huit heures à l'avance. Il survient également au lendemain de l'adoption d'un règlement municipal interdisant le port du masque par les manifestants.

Les manifestants semblent manifester davantage en réaction à ces mesures législatives et réglementaires que contre la hausse des droits de scolarité.

Dans les rues de Québec et de Sherbrooke

Des rassemblements ont eu lieu ailleurs dans la province. À Québec, des centaines de personnes ont défilé sur plusieurs kilomètres dans la haute et la basse-ville. La manifestation s'est déroulée dans l'ordre. Des parents et des professeurs étaient aux côtés des étudiants venus crier leur opposition à la loi 78. Les protestataires ont décidé de continuer à se réunir chaque soir devant l'Assemblée nationale.

Une centaine de personnes ont aussi manifesté dans les rues de Sherbrooke pour dénoncer la loi spéciale. Les protestataires se sont rassemblés devant le palais de justice vers 21 h. Ils ont marché dans le calme en scandant des slogans hostiles à Jean Charest. Il n'y a pas eu d'arrestation même si le rassemblement contrevenait à la loi 78. La nuit précédente, 14 personnes avaient été arrêtées.