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Mali: l'amnistie pour les putschistes, un pas en direction de la stabilité (anti et pro-putsch)

19/05/2012 08:08 EDT | Actualisé 19/07/2012 05:12 EDT

L'amnistie approuvée par le Parlement malien en faveur des auteurs du coup d'Etat du 22 mars contre le régime d'Amadou Toumani Touré (ATT) est un pas en direction de la stabilité politique et de la paix au Mali, ont estimé samedi à Bamako des opposants et partisans du putsch.

"Si l'amnistie veut permettre au Mali de retrouver sa stabilité, c'est une bonne chose". Tous les groupes parlementaires "ont voté le texte. C'est la preuve que tout le monde veut la paix", a déclaré à l'AFP Adama Kanté, responsable d'un des partis du Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR, opposé au putsch).

Le projet de loi d'amnistie, soumis à l'Assemblée nationale par le gouvernement du Premier ministre Cheick Modibo Diarra, a été adopté vendredi à l'unanimité des 122 députés présents lors d'une séance plénière. Pour entrer en vigueur comme loi, il doit être promulgué par le chef de l'Etat, fonction occupée par Dioncounda Traoré depuis le 12 avril par intérim.

Officiellement, cette amnistie concerne les faits commis entre le 21 mars, date du début de la mutinerie de militaires ayant débouché le lendemain sur le renversement d'ATT, et la date de la prestation de serment du président intérimaire.

Elle est prévue par un accord-cadre signé le 6 avril par le chef des putschistes, le capitaine Amadou Haya Sanogo, et la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour un retour à l'ordre constitutionnel au Mali.

Le projet de loi ayant été voté, "maintenant, la balle est dans le camp des militaires. Il faut qu'ils montrent de leur côté l'amour qu'ils ont pour leur patrie en respectant scrupuleusement le retour à l'ordre constitutionnel", a estimé Adama Kanté du FDR.

Pour Oumar Mariko, un des responsables du Mouvement populaire du 22 mars (MP22, front favorable au putsch), l'amnistie approuvée "va dans le sens de la réconciliation".

"Nous avons voté la loi d'amnistie pour faire avancer les choses. (...) Maintenant, il ne faut pas un diktat de l'extérieur pour régler nos problèmes", a affirmé M. Mariko, par ailleurs député.

"C'est pour la paix que nous avons voté" l'amnistie, "pas parce que nous avons peur des militaires", a assuré la présidente de la Commission des lois de l'Assemblée nationale, Mme Camara Saoudatou Dembélé.

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