NOUVELLES

L'Iran renouvelle sa demande de levée des sanctions tout en les minimisant

19/05/2012 03:35 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

L'Iran a réitéré samedi sa demande de levée des sanctions occidentales à quelques jours de pourparlers à Bagdad sur son programme nucléaire, tout en affirmant qu'elles étaient insuffisantes pour forcer Téhéran à abandonner ses "droits" en matière nucléaire.

"La levée des sanctions devrait être l'un des premiers signes (des Occidentaux lors des négociations de Bagdad) pour montrer qu'ils sont prêts à changer leur approche erronée" de pressions contre l'Iran, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast.

"Personne en Iran n'est heureux des sanctions (...) qui n'ont aucune base légale (...) et peuvent créer des problèmes", a admis M. Mehmanparast dans une interview au quotidien gouvernemental Iran.

"Mais elles n'ont pas réellement d'effet significatif (...) et les Occidentaux se trompent s'ils pensent que nous allons abandonner nos droits à cause de telles mesures", a-t-il ajouté.

Les affirmations selon lesquelles les sanctions perturbent l'économie iranienne relèvent de "la propagande et la guerre psychologique" des Occidentaux, a-t-il ajouté.

Les dirigeants iraniens répètent publiquement depuis deux ans que les sévères sanctions commerciales, bancaires et pétrolières mises en place par les Occidentaux contre l'Iran pour tenter de le forcer à assouplir sa position dans le contentieux nucléaire n'ont aucun impact significatif sur le pays.

La levée des sanctions est toutefois l'une des demandes principales de l'Iran dans les négociations avec les grandes puissances qui doivent s'ouvrir le 23 mai à Bagdad pour tenter de trouver une issue négociée à la crise après 30 mois de blocage.

La communauté internationale soupçonne le programme nucléaire iranien, condamné par six résolutions de l'ONU, de dissimuler des objectifs militaires, ce que Téhéran a toujours farouchement démenti.

En dépit de la rhétorique officielle, l'embargo économique, bancaire et pétrolier progressivement mis en place par les Occidentaux depuis 2010 a eu un impact significatif sur l'économie iranienne, s'accordent à estimer tous les experts étrangers à Téhéran.

Les sanctions bancaires ont perturbé et ralenti les importations, renchérissant leur coût de quelque 20%, selon de nombreux témoignages.

Elles ont également compliqué le rapatriement des devises que Téhéran, deuxième producteur de l'Opep, tire de son pétrole, provoquant des retards de paiement et obligeant l'Iran à accepter depuis un an des paiements en or, en monnaies locales ou sous forme de troc.

Les sanctions pétrolières décidées au début de l'année par Washington et l'Union européenne commencent également à peser. Outre l'arrêt progressif prévu d'ici l'été des achats européens de brut iranien, plusieurs clients importants de l'Iran comme l'Inde, le Japon ou la Turquie ont annoncé une réduction de leurs importations.

Téhéran a toujours démenti jusqu'à présent toute difficulté pour produire ou écouler son pétrole du fait des sanctions, affirmant avoir trouvé d'autres clients sans les citer.

Plusieurs sites spécialisés ont cependant fait état ces derniers mois d'un stockage significatif de brut invendu par l'Iran, dont la production aurait par ailleurs baissé de près de 15% depuis 2010 selon les estimations de l'Opep, pour tomber à 3,2 millions de barils/jour en avril, son niveau le plus bas depuis vingt ans.

mod-lma/vl

PLUS:afp