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Le cinéaste roumain Cristian Mungiu présente son dernier film à Cannes

19/05/2012 03:16 EDT | Actualisé 19/07/2012 05:12 EDT

CANNES, France - Le dernier film du Roumain Cristian Mungiu a reçu un accueil mitigé à Cannes, les cinéphiles lui réservant un cocktail d'applaudissements et des huées.

Le cinéaste roumain, qui a remporté la Palme d'or en 2007 pour son drame sur les avortements clandestins «4 mois, 3 semaines et 2 jours», n'en fait toutefois pas de cas. Mungiu affirme au contraire être satisfait que son nouveau film «Au-delà des collines» suscite une polarisation.

Le long métrage, inspiré d'une histoire vraie, retrace la mort d'une jeune femme pendant une séance d'exorcisme, dans un monastère isolé de la Roumanie, en 2005.

Certains auraient souhaité que le film de deux heures et demie condamne plus ouvertement les dogmes religieux, mais Mungiu a soutenu qu'il avait été difficile de tourner une telle histoire dans son pays, où l'emprise de l'Église orthodoxe se fait toujours sentir.

«Les films ne sont pas fait pour susciter une réaction unanime», a affirmé le cinéaste devant un parterre de journalistes, samedi. Je ne veux pas que ce film soit aimé. Je souhaite plutôt qu'il incite les gens à avoir une opinion.»

«Au-delà des collines» suit le parcours de la fougueuse mais fragile Alina (Cristina Flutur), qui rentre d'Allemagne pour visiter une amie d'enfance, Voichita (Cosmina Stratan). Les deux amies avaient été proches, mais Voichita a entre-temps rejoint les rangs d'une communauté religieuse avec une vision très stricte du péché.

Vingt ans après la chute du communisme, le film montre une Roumanie qui peine toujours à construire des institutions sociales solides. La police, les représentants gouvernementaux et les médecins semblent tous aussi incompétents les uns que les autres dans le dernier né de Mungiu.

«Tous les films que je fais parlent de la société, ou encore de la façon dont celle-ci influence les choix des personnages», a mentionné le cinéaste.

Les deux personnages principaux ayant grandi dans l'un des célèbres orphelinats mis sur pied sous la dictature de Nicolas Ceasescu, Mungiu a poursuivi en expliquant qu'il s'agissait-là d'une façon d'explorer «les différentes façons d'aimer et les comportements des gens, au nom de l'amour.»

«Les vrais responsables derrière ce qui arrive à ces jeunes filles ne sont pas présentés dans le film. Elles sont le résultat d'une éducation qui a débuté dès l'âge de deux ou trois ans, voire plus jeune encore. Les choix qui se sont offerts à elles en quittant ce genre d'écoles d'État étaient très limités», a indiqué le cinéaste.

Mungiu a par ailleurs insisté pour dire que son nouveau film tranchait avec le précédent, «4 mois, 3 semaines et 2 jours», reconnaissant toutefois qu'on y explorait à nouveau la relation entre des femmes affrontant des hommes plus puissants.

Le festival de Cannes se déroule jusqu'au 27 mai.

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